Cytomégalovirus et grossesse : la HAS précise le protocole de dépistage et de suivi

La Haute Autorité de santé a publié le 4 août 2026 une note de cadrage détaillant le calendrier du dépistage systématique du cytomégalovirus au premier trimestre de grossesse et la prise en charge en cas d'infection confirmée.

— Spécialiste en journalisme informations santé

Une infection courante mais potentiellement grave pour le fœtus

Le cytomégalovirus (CMV) est un virus très répandu dans la population générale, le plus souvent bénin chez l'adulte.
Mais lorsqu'une femme enceinte contracte une première infection en période périconceptionnelle ou au premier trimestre de grossesse, le virus peut être transmis au fœtus et provoquer des séquelles durables, notamment des troubles auditifs ou neurodéveloppementaux.
C'est la principale cause infectieuse de surdité congénitale non génétique en France.

En juin 2025, la Haute Autorité de santé (HAS) avait recommandé la mise en place d'un dépistage systématique du CMV pour toutes les femmes enceintes séronégatives ou de statut sérologique inconnu, avec une réévaluation du dispositif après trois ans de mise en œuvre.
Le 4 août 2026, la HAS a publié une note de cadrage qui précise concrètement les modalités de ce dépistage et la conduite à tenir en cas d'infection confirmée.

Ce que recommande la HAS

Qui est concerné

Le dépistage s'adresse aux femmes dont la sérologie CMV est négative ou inconnue.
Les femmes déjà immunisées (sérologie positive antérieure documentée) ne sont pas concernées, une première infection n'empêchant toutefois pas une réinfection ultérieure.

Le calendrier proposé

  • Une première sérologie réalisée le plus tôt possible, idéalement dès le projet de grossesse ;
  • Un dépistage au premier trimestre, avant 14 semaines d'aménorrhée ;
  • Un renouvellement de la sérologie toutes les quatre semaines en cas de résultat négatif ;
  • Une dernière sérologie entre 13 et 14 semaines d'aménorrhée ;
  • Pas de dépistage recommandé au-delà de 14 semaines, le risque de séquelles pour l'enfant étant alors considéré comme minime.

En cas d'infection confirmée pendant la grossesse

Lorsqu'une primo-infection est confirmée en période périconceptionnelle ou au premier trimestre, la HAS recommande d'organiser rapidement une consultation spécialisée.
Un traitement antiviral précoce par valaciclovir peut être discuté avec l'équipe médicale, en lien avec un centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal ou un centre de référence.

Une amniocentèse peut être proposée à partir de 18 semaines d'aménorrhée afin d'évaluer le risque d'infection congénitale et d'orienter la suite de la prise en charge.
Ces décisions sont prises au cas par cas, en concertation avec la patiente et l'équipe médicale, dans le cadre d'un accompagnement personnalisé.

Information et prévention au quotidien

La HAS insiste sur l'importance d'informer toutes les femmes enceintes, dès la première consultation, sur les modes de transmission du CMV et sur les gestes d'hygiène permettant de réduire le risque d'infection.
Le virus se transmet notamment par la salive et les urines, en particulier au contact de jeunes enfants (crèche, fratrie).
Les mesures évoquées incluent :

  • Se laver fréquemment les mains, notamment après le change d'un enfant ou le contact avec ses sécrétions ;
  • Éviter de partager couverts, verres ou brosses à dents avec un jeune enfant ;
  • Éviter d'embrasser un jeune enfant sur la bouche pendant la grossesse.

Ces recommandations s'inscrivent dans le suivi de grossesse habituel, aux côtés des autres examens prévus par le calendrier de suivi prénatal.

Pourquoi cette clarification maintenant

L'avis de juin 2025 posait le principe d'un dépistage systématique, mais laissait ouvertes plusieurs questions pratiques pour les professionnels de santé : rythme des sérologies, seuils d'âge gestationnel, conduite à tenir en cas de séroconversion.
La note de cadrage publiée le 4 août 2026, validée par le collège de la HAS le 23 juillet 2026, vise à harmoniser les pratiques sur l'ensemble du territoire et à donner aux sages-femmes, gynécologues et médecins des repères clairs pour l'information et l'accompagnement des patientes.

Où se faire suivre pendant la grossesse

Le dépistage du CMV s'intègre au suivi réalisé par un gynécologue, une sage-femme ou un médecin traitant.
Pour identifier un professionnel proche de son domicile, il est possible de consulter l'annuaire des professionnels de santé ou de repérer les structures de proximité via la carte des professionnels de santé.

Cette évolution s'inscrit dans une démarche progressive : la mise en œuvre du dépistage systématique doit s'accompagner d'une information claire des patientes, condition nécessaire à un consentement libre et éclairé avant toute sérologie.

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Sources et références officielles

Les informations présentées dans cet article proviennent de sources publiques officielles. MonSuiviMédical ne fournit aucun conseil médical.