Le terme « désert médical » désigne une zone géographique où l'accès aux soins est significativement inférieur à la moyenne nationale.
En 2026, près de 9 % de la population française vit dans une zone sous-dense en offre de soins de premier recours, selon les indicateurs de l'Assurance Maladie.
Comment mesure-t-on un désert médical ?
L'indicateur principal est l'Accessibilité Potentielle Localisée (APL), calculé par la DREES.
Il croise la distance au praticien le plus proche avec le taux d'activité des médecins et la structure démographique de la population.
Un territoire est considéré sous-dense quand l'APL est inférieur à 2,5 consultations par an et par habitant.
État des lieux par grande région
Île-de-France : le paradoxe de la première région de France
Avec 73 000 professionnels de santé, l'Île-de-France semble bien dotée.
Mais la répartition est très inégale : Paris intra-muros compte 400 généralistes pour 100 000 habitants, contre seulement 65 en Seine-et-Marne rurale.
Les villes de grande couronne comme Mantes-la-Jolie, Melun ou Meaux connaissent des difficultés croissantes.
Auvergne-Rhône-Alpes : des montagnes sans médecins
Si Lyon et Grenoble concentrent une forte densité médicale, les zones de montagne (Ardèche, Cantal, Haute-Loire) et les territoires ruraux de l'Ain ou de la Drôme sont en grande difficulté.
Le Cantal ne comptait plus que 68 généralistes pour 100 000 habitants fin 2025.
Nouvelle-Aquitaine : la diagonale du vide sanitaire
La Creuse, la Corrèze et la Dordogne forment un continuum de sous-densité médicale.
La Creuse est le département métropolitain le plus touché avec un APL de 1,8.
À l'inverse, Bordeaux et le littoral basque restent bien pourvus.
Hauts-de-France : une région sous tension
L'Aisne, le Pas-de-Calais intérieur et le sud de l'Oise cumulent faible densité médicale et besoins de santé élevés.
La population y est plus âgée et plus touchée par les maladies chroniques que la moyenne nationale.
Bretagne et Normandie : un maillage en recul
Historiquement bien dotées grâce à un réseau dense de bourgs-centres, ces régions voient leur tissu médical s'effriter avec les départs en retraite.
L'Orne et les Côtes-d'Armor sont les plus concernées.
Outre-mer : la situation la plus critique
Mayotte ne dispose que de 25 médecins généralistes pour 100 000 habitants, soit 5 fois moins que la moyenne nationale.
La Guyane et Saint-Martin sont dans des situations comparables.
Les solutions mises en place
Au niveau national
- Suppression du numerus clausus (2020) : les effets ne se feront sentir qu'à partir de 2030, le temps que les étudiants terminent leur formation.
- 4e année d'internat en médecine générale (2026) : les internes effectuent un stage obligatoire en zone sous-dense.
- Infirmiers en Pratique Avancée (IPA) : ces professionnels peuvent renouveler des ordonnances et assurer le suivi de patients chroniques.
Au niveau local
- Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS) : plus de 850 CPTS couvrent désormais 80 % du territoire, organisant la coordination entre professionnels.
- Bus santé et consultations avancées : des départements comme la Creuse ou le Cher déploient des unités mobiles de consultation.
- Médecins salariés par les communes : plus de 400 centres de santé municipaux ont été créés depuis 2020.
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Les données sont issues des sources publiques officielles (RPPS, Annuaire Santé, FINESS) et couvrent l'ensemble du territoire français.