Une surveillance renforcée activée chaque été depuis 2020
Depuis le 1er mai et jusqu'au 30 novembre 2026, Santé publique France a réactivé, comme chaque année, sa surveillance renforcée des arboviroses transmises par le moustique tigre (Aedes albopictus) : le chikungunya, la dengue, le Zika et le virus West Nile.
Cette veille saisonnière permet de détecter rapidement toute transmission locale de ces maladies sur le territoire métropolitain et de déclencher, si nécessaire, des opérations de démoustication ciblées.
Le dernier bulletin publié le 29 juillet 2026 dresse un état des lieux qui mérite d'être connu, sans dramatisation, par les habitants des zones concernées.
Ce que dit le bulletin du 29 juillet 2026
Des cas acquis localement, une première pour 2026
Pour la première fois cette année, une transmission locale de chikungunya a été confirmée en France métropolitaine, avec un cas identifié dans le département du Tarn.
Deux cas de dengue non liés entre eux ont également été détectés, l'un dans le Tarn, l'autre dans l'Hérault, tous deux en région Occitanie.
Enfin, le virus West Nile a été identifié chez l'humain dans deux zones distinctes : les Pyrénées-Orientales et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, marquant les premières détections de ce virus en 2026.
Ces cas dits « autochtones » signifient que la personne n'a pas voyagé récemment dans une zone où ces virus circulent habituellement : la contamination s'est produite sur le sol métropolitain, via la piqûre d'un moustique tigre lui-même infecté après avoir piqué une personne de retour de voyage.
Des centaines de cas importés depuis le printemps
Sur la période du 1er mai au 26 juillet 2026, la surveillance renforcée a également recensé un nombre important de cas importés, c'est-à-dire contractés à l'étranger par des voyageurs puis diagnostiqués en France :
- 87 cas de chikungunya importés
- 261 cas de dengue importés
- 9 cas de Zika importés
C'est précisément ce brassage entre cas importés et présence massive du moustique tigre sur le territoire qui crée les conditions d'une transmission locale, comme observé cet été dans le Tarn, l'Hérault, les Pyrénées-Orientales et en PACA.
Le moustique tigre, un vecteur désormais implanté sur la majorité du territoire
Selon les données de surveillance entomologique, 81 départements français sont aujourd'hui colonisés par le moustique tigre, contre un seul en 2004 (les Alpes-Maritimes).
L'espèce est désormais présente sur environ 84 % du territoire métropolitain.
Les zones les plus densément colonisées se situent en région PACA, en Occitanie, en Corse et dans le sud de la Nouvelle-Aquitaine, mais le moustique progresse aussi dans la vallée du Rhône, en Aquitaine, dans le Grand Est et en Île-de-France, où plusieurs centaines de communes sont désormais concernées.
Seuls une quinzaine de départements, principalement en Bretagne occidentale et dans le nord des Hauts-de-France, restent pour l'instant épargnés.
Symptômes à connaître
Dans les zones où le moustique tigre est implanté, il est recommandé de consulter un médecin sans délai en cas de fièvre modérée à élevée, de grande fatigue, de douleurs musculaires ou articulaires, de maux de tête ou de conjonctivite apparus dans les jours suivant une piqûre.
Ces symptômes, communs au chikungunya, à la dengue et au Zika, doivent alerter en particulier au retour d'un séjour dans une zone où ces virus circulent, ou dans un département où des cas locaux ont été signalés.
Pour trouver rapidement un médecin généraliste disponible près de chez vous, vous pouvez consulter notre carte des professionnels de santé ou notre annuaire.
Les gestes de prévention recommandés
Les autorités sanitaires rappellent que la lutte contre le moustique tigre repose avant tout sur l'élimination de ses lieux de reproduction, qui se limitent à de très petites quantités d'eau stagnante :
- Vider une fois par semaine les coupelles sous les pots de fleurs et les petites réserves d'eau
- Couvrir hermétiquement ou grillager les récupérateurs d'eau de pluie, bidons et autres contenants
- Ranger à l'abri de la pluie tout objet pouvant retenir de l'eau (seaux, arrosoirs, jouets d'enfants)
- Nettoyer régulièrement les gouttières et évacuer les déchets verts
- Utiliser des répulsifs cutanés et des vêtements couvrants aux heures de piqûre, notamment en journée, période d'activité du moustique tigre
Toute observation d'un moustique tigre, reconnaissable à ses rayures noires et blanches sur le corps et les pattes, peut être signalée sur la plateforme signalement-moustique.fr, ce qui contribue à affiner la cartographie nationale de sa présence.
Pourquoi cette surveillance est importante
Cette veille sanitaire, activée chaque année de mai à novembre, ne vise pas à alarmer mais à permettre une réaction rapide des autorités locales : identification des cas, enquête épidémiologique autour du lieu de résidence, et opérations de démoustication ciblées lorsque cela est nécessaire.
Elle illustre aussi une évolution progressive du risque sanitaire en France métropolitaine, liée à l'installation durable du moustique tigre sur la quasi-totalité du territoire, y compris dans des régions historiquement non concernées comme l'Île-de-France ou le Grand Est.
Les prochains bulletins de Santé publique France, publiés chaque semaine pendant la période de surveillance renforcée, permettront de suivre l'évolution de la situation jusqu'à la fin de la saison, fin novembre 2026.