Une surveillance renforcée des arboviroses en France hexagonale
Chaque semaine durant la période estivale, Santé publique France publie un bulletin de surveillance renforcée consacré aux maladies transmises par les moustiques, appelées arboviroses : le chikungunya, la dengue, le virus Zika et le virus West Nile.
Le bulletin daté du 19 août 2026 fait le point sur la situation en France métropolitaine, où la présence du moustique tigre (Aedes albopictus), vecteur de plusieurs de ces virus, continue de s'étendre.
Cette surveillance ne doit pas être source d'inquiétude : elle correspond au fonctionnement habituel du dispositif de veille sanitaire pendant la saison où les moustiques sont actifs, et permet une réaction rapide des autorités dès qu'un cas est signalé.
Ce que révèle le bulletin du 19 août 2026
Des foyers de transmission autochtone identifiés
Au 17 août 2026, six foyers de transmission dite autochtone (c'est-à-dire une contamination survenue directement en France, sans lien avec un voyage) ont été recensés dans le Sud-Ouest :
- Chikungunya : trois foyers regroupant 25 cas au total, situés dans le Tarn (Occitanie) et en Gironde (Nouvelle-Aquitaine).
- Dengue : trois foyers regroupant 4 cas, dans le Tarn, l'Hérault (Occitanie) et la Dordogne (Nouvelle-Aquitaine).
Le virus West Nile également surveillé
Le bulletin recense par ailleurs 18 cas d'infection au virus West Nile acquis localement, répartis dans plusieurs régions : Provence-Alpes-Côte d'Azur (Bouches-du-Rhône, Vaucluse), Occitanie (Pyrénées-Orientales, Aude, Haute-Garonne, Gard) et Île-de-France (Essonne, Seine-Saint-Denis).
Ce virus, transmis par des moustiques du genre Culex, circule chaque été en France dans certaines zones humides et provoque le plus souvent des symptômes légers, voire aucun symptôme.
Des cas importés en baisse par rapport à 2025
Entre le 1er mai et le 16 août 2026, les autorités sanitaires ont comptabilisé 110 cas importés de chikungunya, 308 cas importés de dengue et 11 cas importés de Zika, c'est-à-dire des personnes contaminées lors d'un séjour à l'étranger.
Santé publique France souligne que ces chiffres sont inférieurs à ceux de 2025, en raison d'une circulation virale internationale moins intense, notamment après la fin de l'épidémie de chikungunya à La Réunion.
Pourquoi cette surveillance existe
Le moustique tigre est aujourd'hui implanté dans 81 des 96 départements de France métropolitaine et en Corse, avec des niveaux de colonisation variables selon les territoires.
Dès qu'un cas de chikungunya, de dengue ou de Zika est diagnostiqué chez une personne n'ayant pas voyagé récemment en zone à risque, une investigation est déclenchée : recherche de moustiques infectés, opérations de démoustication et information des habitants du secteur concerné.
C'est ce mécanisme de réaction rapide qui explique la détection des foyers mentionnés dans le bulletin.
Les gestes de prévention recommandés
Les autorités sanitaires rappellent que la meilleure protection contre ces maladies reste d'éviter les piqûres de moustique et de limiter leur reproduction autour du domicile.
Supprimer les eaux stagnantes
- Vider régulièrement les coupelles sous les pots de fleurs, les gamelles d'animaux et les jouets extérieurs.
- Couvrir les récupérateurs d'eau de pluie et les piscines hors saison.
- Ranger à l'abri de la pluie tout objet susceptible de retenir de l'eau (arrosoirs, brouettes, bâches).
Se protéger des piqûres
- Porter des vêtements amples et couvrants, notamment en fin de journée lorsque le moustique tigre est le plus actif.
- Utiliser un répulsif cutané adapté à l'âge et à la situation (grossesse, jeunes enfants).
- Installer des moustiquaires aux fenêtres et autour des lits, en particulier dans les zones où des cas ont été signalés.
- Éviter les diffuseurs électriques de répulsif à proximité des femmes enceintes et des jeunes enfants.
Signaler la présence du moustique tigre
Toute personne peut signaler une observation de moustique tigre sur la plateforme dédiée des autorités sanitaires, ce qui contribue au suivi de son expansion géographique sur le territoire.
Les professionnels de santé sont, de leur côté, invités à rester attentifs à tout syndrome évocateur (fièvre, douleurs articulaires, éruption cutanée) chez un patient n'ayant pas voyagé, afin de déclencher rapidement les investigations nécessaires.
Que faire en cas de symptômes ?
Fièvre, douleurs musculaires ou articulaires, maux de tête, éruption cutanée : ces symptômes peuvent évoquer une arbovirose, surtout après une piqûre de moustique ou un séjour en zone à risque.
Il est recommandé de consulter un médecin, qui pourra orienter vers un test de dépistage si nécessaire.
Pour trouver un professionnel de santé à proximité, l'annuaire des professionnels de santé permet de rechercher un médecin généraliste ou un service d'urgence.
La carte des professionnels de santé offre également une vue géographique pratique pour identifier une consultation disponible rapidement dans son département, notamment dans les zones actuellement concernées par un foyer de transmission.
En résumé
La circulation de virus transmis par les moustiques en France métropolitaine, bien que réelle chaque été, reste surveillée de près et fait l'objet d'une réponse sanitaire rapide dès qu'un foyer est détecté.
Les gestes simples de prévention — élimination des eaux stagnantes, protection contre les piqûres et vigilance en cas de symptômes — demeurent les meilleurs moyens de limiter les risques, sans qu'il y ait lieu de s'alarmer.