Déserts médicaux 2026 : le pacte du gouvernement pour l'accès aux soins en France

En 2026, 6,4 millions de Français n'ont pas de médecin traitant. Tour d'horizon du pacte contre les déserts médicaux : formation, 4e année d'internat, Réseau France Santé et téléconsultation.

— Spécialiste en journalisme informations santé

Six millions et demi de Français environ n'ont toujours pas de médecin traitant déclaré, et près de neuf communes sur dix sont concernées, à des degrés divers, par une offre de soins insuffisante.
Face à ce constat, le gouvernement a présenté en 2026 un ensemble de mesures censées inverser la tendance d'ici la fin de la décennie.
Entre formation de nouveaux médecins, obligations de solidarité territoriale et essor encadré de la téléconsultation, voici ce qui change concrètement pour les patients.

Un constat qui continue de s'aggraver

Selon l'Assurance Maladie, environ 6,4 millions de personnes n'avaient pas de médecin traitant déclaré début 2026, un chiffre en progression quasi continue depuis 2017.
Cette situation touche en priorité les personnes qui déménagent, les jeunes adultes qui quittent le foyer familial, mais aussi des zones rurales entières où le dernier généraliste installé n'a pas trouvé de successeur.

Les chiffres de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques) apportent toutefois une nuance : au 1er janvier 2026, la France comptait environ 5 000 médecins de plus qu'un an auparavant, soit une densité médicale de 346 médecins pour 100 000 habitants.
Les généralistes, eux, restent à un niveau légèrement inférieur à celui de 2012, malgré une légère reprise (+1 % sur un an).
Autrement dit, la démographie médicale se redresse globalement, mais de façon très inégale selon les territoires : certaines zones rurales, périurbaines ou ultramarines continuent de perdre des praticiens pendant que les grandes métropoles restent mieux dotées.

Le Réseau France Santé, un nouveau label pour organiser l'offre de proximité

Prévu par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, le Réseau France Santé est l'une des mesures phares de cette nouvelle étape.
L'objectif affiché est ambitieux : permettre à chaque Français d'accéder à une solution de santé en moins de 30 minutes de chez lui et d'obtenir un rendez-vous médical sous 48 heures en cas de besoin urgent.

Concrètement, ce label est attribué à des structures de proximité déjà existantes, maisons de santé pluriprofessionnelles, centres de santé ou cabinets médicaux, qui répondent à des critères d'accessibilité, de qualité et de coordination des soins.
L'objectif est d'atteindre environ 2 000 structures labellisées d'ici l'été 2026, avec un financement pérenne moyen de 50 000 euros par an et par structure, pour un budget total de 130 millions d'euros.
La montée en charge doit se poursuivre jusqu'à 5 000 structures labellisées en 2027, avec un accompagnement renforcé pour 151 intercommunalités identifiées comme zones rouges, c'est-à-dire les territoires où l'accès aux soins est le plus difficile.

Former plus de médecins, et surtout former partout

Le second axe du pacte gouvernemental porte sur la formation.
Plusieurs mesures visent à élargir le vivier de futurs médecins et à mieux répartir leur implantation sur le territoire.

Une première année de médecine dans chaque département

Depuis la rentrée 2026, une première année d'accès aux études de santé est proposée dans chaque département, avec des options santé introduites dès le lycée et une généralisation des stages hors CHU.
L'idée est simple : un étudiant formé et stagiaire dans un territoire rural ou périurbain a statistiquement plus de chances de s'y installer une fois diplômé.

Une quatrième année d'internat tournée vers les zones sous-denses

Autre changement structurant : la création d'une quatrième année d'internat de médecine générale, sous statut de « docteur junior », qui doit débuter concrètement en novembre 2026.
Ces internes en fin de cursus exerceront trois à quatre jours par semaine en cabinet libéral, en maison de santé ou en centre de santé, en autonomie supervisée par un médecin universitaire agréé.
Une prime territoriale conditionnelle de 800 euros bruts par mois est prévue lorsque cette dernière année se déroule dans une zone sous-dense ou prioritaire.
Environ 3 700 docteurs juniors sont attendus dès le lancement du dispositif.

Une solidarité territoriale demandée aux médecins déjà installés

Le pacte prévoit également que chaque médecin puisse être amené à consacrer jusqu'à deux jours par mois à des consultations dans les zones classées « rouges », c'est-à-dire les plus en difficulté.
Cette mesure, plus contraignante pour les praticiens en exercice, doit permettre d'apporter une réponse à court terme, en attendant que les nouvelles générations de médecins sortent des études.

La téléconsultation, une réponse complémentaire mais encadrée

Six mois de travaux dans le cadre des Assises de la télémédecine ont débouché, début 2026, sur une feuille de route nationale 2026-2028.
Elle prévoit un assouplissement ciblé du plafond de 20 % de l'activité pouvant être réalisée en téléconsultation, avec des dérogations pour les médecins retraités, les remplaçants, les praticiens en situation de handicap ou de vie particulière, ainsi que pendant les périodes de tension sur l'offre de soins, par exemple l'hiver.

Le tiers payant intégral devient par ailleurs la norme sur les plateformes de téléconsultation agréées par le ministère de la Santé.
Cette évolution vise en priorité les patients à mobilité réduite ou résidant dans un désert médical, pour qui la téléconsultation peut représenter un premier accès à un avis médical en l'absence de médecin traitant disponible rapidement.
Elle ne remplace toutefois pas un suivi médical régulier ni un examen clinique lorsque celui-ci est nécessaire, et reste un outil complémentaire à l'offre de soins de proximité.

Trouver un médecin près de chez vous : les bons réflexes

En attendant les effets de ces réformes, plusieurs outils existent pour identifier une offre de soins disponible localement.
Un annuaire de professionnels de santé permet de rechercher un praticien par spécialité, ville ou code postal, et de vérifier ses coordonnées, ses horaires ou son secteur conventionnel avant de prendre rendez-vous.
Une carte interactive aide également à visualiser la répartition des professionnels de santé autour de son domicile ou de son lieu de travail, ce qui est particulièrement utile pour repérer un cabinet dans une commune voisine lorsque l'offre locale est saturée.

Pour une recherche de médecin traitant en particulier, la page dédiée aux médecins généralistes permet de filtrer les praticiens qui acceptent de nouveaux patients, une information précieuse dans les zones où de nombreux cabinets n'ouvrent plus leur patientèle.
Il est également possible de solliciter les maisons de santé pluriprofessionnelles ou les centres de santé labellisés France Santé, qui organisent souvent une prise en charge coordonnée même sans médecin traitant attitré.

Vos droits si vous n'avez pas (encore) de médecin traitant

L'absence de médecin traitant déclaré a une conséquence concrète sur le remboursement des soins : consulter un spécialiste sans passer par le parcours de soins coordonné entraîne une prise en charge réduite par l'Assurance Maladie, généralement autour de 30 % du tarif de convention au lieu de 70 % lorsque le parcours est respecté.
Cette règle s'applique que l'absence de médecin traitant soit choisie ou subie faute d'offre disponible.

La déclaration d'un médecin traitant peut se faire de trois façons :

  • En ligne, depuis son compte ameli.fr ou l'application mobile Ameli, avec une prise en compte sous 24 à 48 heures après validation par le praticien ;
  • Directement lors d'une consultation, le médecin enregistrant la déclaration via sa carte de professionnel de santé et la carte Vitale du patient, avec une prise en compte immédiate ;
  • Par courrier, au moyen du formulaire Cerfa S3704, avec un délai de traitement de deux à trois semaines.

Dans tous les cas, le médecin choisi doit donner son accord : sans validation de sa part, la demande reste en attente.
Les personnes qui ne trouvent aucun médecin acceptant de les suivre peuvent se tourner vers les Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) de leur secteur, qui organisent parfois une répartition des nouveaux patients entre les cabinets locaux, ou vers le Service d'Accès aux Soins en cas de besoin non programmé.

Ce qu'il faut retenir

La lutte contre les déserts médicaux repose désormais sur plusieurs leviers combinés : un nouveau label de proximité (Réseau France Santé), une réforme en profondeur de la formation des médecins avec une quatrième année d'internat orientée vers les territoires sous-dotés, une obligation de solidarité territoriale pour les praticiens déjà installés, et un assouplissement encadré de la téléconsultation.
Ces mesures s'inscrivent dans un calendrier pluriannuel, jusqu'en 2028 pour la télémédecine et 2027 pour la montée en charge du label France Santé : leurs effets sur l'accès aux soins au quotidien ne seront donc pleinement mesurables que progressivement, territoire par territoire.

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Sources et références officielles

Les informations présentées dans cet article proviennent de sources publiques officielles. MonSuiviMédical ne fournit aucun conseil médical.