Trouver un rendez-vous médical rapidement en soirée, un week-end ou lorsque son médecin traitant est indisponible reste un défi pour de nombreux Français.
Depuis plusieurs années, le Service d'Accès aux Soins (SAS) a été créé pour répondre à ce besoin de soins non programmés, en s'appuyant notamment sur le numéro 116 117.
En 2026, ce dispositif franchit une nouvelle étape avec une couverture élargie et de nouvelles branches spécialisées.
Voici comment il fonctionne concrètement et dans quelles situations y avoir recours.
Qu'est-ce que le Service d'Accès aux Soins (SAS) ?
Le SAS est un dispositif de régulation médicale qui associe les SAMU (Service d'Aide Médicale Urgente) et les médecins libéraux volontaires.
Son objectif est double : orienter rapidement les patients vers la réponse la plus adaptée à leur situation, et désengorger les services d'urgences hospitaliers en captant les demandes de soins qui ne relèvent pas d'une urgence vitale.
Concrètement, lorsqu'une personne a besoin d'un avis médical, d'une téléconsultation, d'un rendez-vous rapide chez un médecin ou d'une orientation vers une structure de soins, elle peut appeler ce service au lieu de se rendre directement aux urgences ou d'appeler le 15 par défaut.
Le SAS a vocation à devenir, à terme, le point d'entrée unique pour toute demande de soins non programmée, qu'elle soit urgente ou non.
Comment joindre le SAS : le rôle du 116 117
Selon les territoires, le SAS est accessible de plusieurs façons :
- En composant le 15, numéro historique du SAMU, qui assure la régulation médicale en continu, 24h/24 et 7j/7, partout en France.
- En composant le 112, numéro d'urgence européen.
- En composant le 116 117, numéro national dédié spécifiquement aux soins non programmés, déployé progressivement dans les départements où l'organisation locale le permet.
Le 116 117 est un numéro gratuit, conçu pour ne pas encombrer la ligne du 15, qui reste réservée en priorité aux urgences vitales.
Là où il est actif, il permet de joindre une plateforme de régulation partagée entre le SAMU et des médecins généralistes libéraux, afin d'obtenir un conseil médical, une téléconsultation ou une orientation vers une consultation en présentiel dans les heures qui suivent.
Deux niveaux de réponse lors d'un appel
Lorsqu'un appel arrive au centre de réception, il est traité en deux temps :
- Premier niveau : un assistant de régulation médicale qualifie l'appel, recueille les informations sur les symptômes et la situation, puis détermine son degré de priorité.
- Second niveau : selon cette qualification, l'appel est transféré soit vers la régulation d'urgence du SAMU si une prise en charge médicale immédiate est nécessaire, soit vers la régulation de médecine ambulatoire si la demande relève de soins non programmés (fièvre persistante, douleur non soulagée, renouvellement urgent d'un traitement, etc.).
Dans ce second cas, un médecin régulateur libéral peut proposer un conseil par téléphone, une téléconsultation, ou fixer un rendez-vous avec un médecin disponible dans un délai rapide, parfois le jour même.
Dans quelles situations appeler le SAS ?
Le SAS est pensé pour les besoins de soins qui ne peuvent pas attendre un rendez-vous classique avec son médecin traitant, mais qui ne mettent pas la vie en danger.
Quelques exemples de situations où il peut être sollicité :
- Une fièvre élevée chez un enfant en dehors des heures d'ouverture des cabinets médicaux.
- Une douleur aiguë (dentaire, abdominale, articulaire) sans médecin disponible dans l'immédiat.
- Le besoin d'un avis médical rapide en l'absence de médecin traitant ou lorsque celui-ci n'a pas de créneau disponible.
- Une demande de renouvellement d'ordonnance en urgence, par exemple pour un traitement chronique.
- Une plaie ou un traumatisme léger ne nécessitant pas un passage aux urgences.
En revanche, en cas de signes évoquant une urgence vitale (perte de connaissance, difficultés respiratoires sévères, douleur thoracique intense, hémorragie importante), il faut composer directement le 15 ou le 112, sans passer par une étape intermédiaire.
SAS, 15, 116 117, médecin traitant : comment ne pas se tromper
La coexistence de plusieurs numéros et dispositifs peut prêter à confusion.
Voici les repères essentiels :
- Le médecin traitant reste le premier interlocuteur pour le suivi habituel et les consultations programmées.
Vous pouvez en rechercher un dans votre secteur via l'annuaire des professionnels de santé ou en filtrant par spécialité sur la page dédiée aux médecins généralistes. - Le 15 demeure le numéro de référence pour toute urgence médicale, partout en France, à toute heure.
- Le 116 117 est le numéro dédié aux soins non programmés, là où il est activé, pour éviter de solliciter inutilement le 15 ou les urgences hospitalières.
- Les urgences hospitalières restent réservées aux situations graves nécessitant un plateau technique immédiat.
En cas de doute sur la marche à suivre, il est toujours préférable d'appeler le numéro de régulation plutôt que de se déplacer directement aux urgences, ce qui permet d'être orienté vers la structure la plus adaptée à son état.
Où en est le déploiement du SAS en France en 2026 ?
Le dispositif s'est étendu progressivement depuis son expérimentation initiale.
En 2026, la majorité du territoire est désormais couverte par un SAS opérationnel, la plupart des départements ayant mis en place une organisation de régulation partagée entre SAMU et médecine libérale.
Le numéro 116 117 continue toutefois de coexister avec des numéros locaux ou régionaux préexistants dans certains territoires, tant que l'accès à la régulation médicale reste garanti via le 15.
Cette généralisation s'accompagne d'un travail de structuration au niveau des Agences Régionales de Santé (ARS), qui coordonnent l'organisation locale entre les centres de réception des appels, les effecteurs médicaux (médecins généralistes volontaires, maisons médicales de garde) et les établissements de santé.
L'objectif affiché est de réduire les passages évitables aux urgences et de fluidifier l'accès aux soins, y compris dans les zones où l'offre médicale est plus tendue.
Pour identifier les professionnels de santé disponibles près de chez soi en dehors d'une urgence, la carte interactive des professionnels de santé permet de repérer rapidement les praticiens à proximité, en complément du recours au SAS.
Une nouveauté 2026 : le volet psychiatrique du SAS
Autre évolution notable de l'année 2026 : plusieurs régions expérimentent une branche psychiatrique du SAS, dédiée aux demandes de soins non programmés en santé mentale.
Ce volet permet à une personne en détresse psychologique, ou à son entourage, d'être mise en relation avec un professionnel formé à la régulation psychiatrique, capable d'évaluer la situation et d'orienter vers une téléconsultation, une consultation rapide avec un psychiatre ou un psychologue, ou vers une prise en charge plus urgente si nécessaire.
Cette extension répond à un besoin identifié de longue date : les demandes de soins psychiatriques non programmées se heurtent souvent à des délais d'attente importants, faute de filière dédiée.
L'intégration d'un volet psychiatrique au sein du SAS vise à offrir une réponse plus rapide et mieux adaptée, en particulier dans les territoires où l'offre de psychiatres libéraux est limitée.
Comment se déroule concrètement un appel ?
Pour tirer le meilleur parti du service, quelques éléments facilitent l'échange avec l'assistant de régulation médicale :
- Avoir à portée de main sa carte Vitale et, si possible, le nom de son médecin traitant.
- Décrire précisément les symptômes, leur durée et leur intensité.
- Mentionner les traitements en cours et les antécédents médicaux pertinents.
- Indiquer si la personne concernée est un enfant, une personne âgée ou une personne à mobilité réduite, ces situations pouvant influencer l'orientation proposée.
- Rester joignable au numéro communiqué, dans l'attente d'un éventuel rappel par un médecin régulateur.
À l'issue de l'appel, plusieurs suites sont possibles : un simple conseil médical par téléphone, une téléconsultation immédiate, un rendez-vous fixé avec un médecin de garde ou une maison médicale, ou, si la situation le justifie, l'envoi d'une équipe du SAMU.
Ce qu'il faut retenir
Le Service d'Accès aux Soins constitue une brique importante de l'organisation des soins non programmés en France.
Il ne remplace pas le suivi habituel assuré par le médecin traitant, mais offre une solution supplémentaire lorsque celui-ci n'est pas disponible et que la situation ne relève pas d'une urgence vitale justifiant un appel direct au 15.
À mesure que sa couverture s'étend en 2026, y compris avec un volet dédié à la santé mentale, ce dispositif devrait progressivement devenir un réflexe pour de nombreux Français confrontés à un besoin de soins urgent mais non vital.
Pour organiser son parcours de soins au quotidien, il reste utile de conserver un médecin traitant identifié et de savoir où trouver rapidement un professionnel de santé disponible grâce à des outils comme l'annuaire ou la carte des praticiens.