Trouver un médecin disponible reste difficile dans de nombreux territoires.
Depuis 2025, les pouvoirs publics ont mis en place plusieurs dispositifs pour y répondre, et certains ont changé de cadre au 1er janvier 2026.
Cet article explique, sans jargon, comment ils fonctionnent et ce qu'ils peuvent changer pour vous.
Il ne s'agit pas d'un avis médical : il présente des règles d'organisation des soins.
Un pacte national lancé en 2025
En avril 2025, le gouvernement a présenté un « Pacte de lutte contre les déserts médicaux ».
Une de ses mesures, intitulée « Un médecin près de chez vous », prévoit que des médecins généralistes viennent renforcer, sur une partie de leur temps, l'offre de soins dans les zones les plus en difficulté.
Le ministre de la Santé de l'époque a annoncé en juin 2025 une première cartographie de 151 intercommunalités prioritaires, représentant plus de 2,5 millions de patients concernés.
Il a lui-même présenté cette carte comme une première étape, le problème étant plus large.
Comment les zones en tension sont repérées
L'Assurance Maladie et les agences régionales de santé (ARS) classent les territoires selon leur niveau de tension en offre de soins.
Deux catégories reviennent dans les textes :
- les zones d'intervention prioritaire (ZIP), les plus en difficulté ;
- les zones d'action complémentaire (ZAC), moins touchées mais éligibles à certaines aides.
Le zonage est arrêté région par région par l'ARS.
Votre commune peut donc être classée différemment de la commune voisine.
Pour connaître le classement exact, il faut se renseigner auprès de l'ARS ou de la caisse d'assurance maladie (CPAM) de votre département.
Les consultations avancées : des médecins qui se déplacent
Depuis le 1er janvier 2026, les « consultations avancées » sont prévues dans le cadre conventionnel de l'Assurance Maladie.
Le principe : un médecin installé hors d'une zone d'intervention prioritaire peut venir consulter ponctuellement dans une zone en tension.
Selon Ameli :
- le médecin perçoit 200 € par demi-journée, dans la limite de 6 demi-journées par mois ;
- tous les médecins non installés en ZIP peuvent y participer, quel que soit leur secteur ;
- ceux qui sont en secteur 2 sans OPTAM doivent pratiquer les tarifs opposables lors de ces consultations.
Ameli précise que les modalités d'organisation sont encore en cours de travail avec les ARS, les caisses et les structures de soins coordonnés du territoire.
Selon les territoires, le dispositif peut donc être plus ou moins avancé.
La solidarité territoriale, sur la base du volontariat
Le contrat de solidarité territoriale médecin (CSTM) a précédé les consultations avancées.
Les médecins qui y avaient adhéré avant le 1er janvier 2026 conservent leur adhésion, sauf résiliation.
S'ils résilient, ils peuvent basculer vers les consultations avancées.
En Auvergne-Rhône-Alpes, par exemple, l'ARS et l'URPS des médecins libéraux ont lancé le dispositif à l'automne 2025.
La participation y est volontaire : les médecins s'inscrivent sur une plateforme en indiquant leurs disponibilités.
Dix-sept intercommunalités prioritaires ont été identifiées dans six départements (Allier, Ardèche, Cantal, Loire, Haute-Loire et Puy-de-Dôme), et les lieux d'accueil (centres de santé, maisons de santé, EHPAD, etc.) sont répertoriés sur sante.fr.
Le caractère obligatoire évoqué à l'origine du pacte n'est pas ce que décrivent ces documents de mise en œuvre.
Des aides pour s'installer en zone sous-dense
Depuis le 1er janvier 2026, de nouvelles aides remplacent les anciens contrats démographiques.
Versées par la CPAM dans les 3 mois suivant l'installation, elles s'adressent aux médecins conventionnés :
- 10 000 € pour une première installation en ZIP ;
- 5 000 € pour une première installation en ZAC ;
- 3 000 € pour l'ouverture d'un cabinet secondaire en ZIP.
Elles s'ajoutent aux majorations du forfait médecin traitant en ZIP.
Ces mesures visent les professionnels : elles n'ont pas d'effet direct sur ce que vous payez, mais elles cherchent à augmenter le nombre de médecins disponibles localement.
Ce que cela change concrètement pour vous
- Pas de démarche particulière. Vous n'avez rien à demander : si une consultation avancée est organisée près de chez vous, c'est la structure d'accueil ou la CPAM qui en informe le public.
- Les règles de remboursement restent les mêmes. Une consultation avancée est facturée selon les règles habituelles, et le tiers payant dépend du paramétrage du lieu d'accueil.
- Le médecin est de passage. Ces consultations sont ponctuelles.
Elles ne remplacent pas un médecin traitant déclaré.
Pour comprendre ce lien, vous pouvez relire notre article sur comment déclarer ou changer de médecin traitant. - Les effets varient selon les territoires. Aucun bilan national chiffré du nombre de médecins mobilisés n'a été trouvé dans les sources consultées pour cet article.
D'autres renforts annoncés
Le ministre a aussi indiqué que 3 700 docteurs juniors de médecine générale doivent être déployés en novembre 2026.
Les effets concrets pour les patients dépendront des territoires d'affectation.
Chercher un professionnel près de chez soi
Pour repérer des professionnels autour de vous, vous pouvez consulter notre annuaire des professionnels de santé, la carte interactive ou la page dédiée aux médecins généralistes.
Ces outils présentent des professionnels référencés ; ils ne garantissent ni la disponibilité d'un créneau ni l'acceptation de nouveaux patients : il faut contacter directement le cabinet.
Si vous cherchez un médecin sans succès, votre CPAM peut vous accompagner dans la recherche.
Pour un besoin de soins urgent en dehors des horaires habituels, composez le 15.
À retenir
- Les territoires en tension sont classés en ZIP et ZAC par les ARS.
- Depuis le 1er janvier 2026, les consultations avancées (200 € par demi-journée pour le médecin, 6 par mois maximum) et de nouvelles aides à l'installation sont en place.
- La solidarité territoriale repose, dans les documents consultés, sur le volontariat.
- Pour les patients, les remboursements ne changent pas ; l'offre varie fortement d'un territoire à l'autre.