Une campagne de vaccination gratuite reconduite au collège
À l'occasion de la rentrée scolaire, l'Assurance Maladie a annoncé le 26 août 2026 la poursuite de la campagne de vaccination scolaire contre les infections à papillomavirus humains (HPV) et contre les méningocoques ACWY, proposée à tous les élèves de 5e des collèges publics et des établissements privés volontaires.
Lancé il y a plusieurs années pour le seul HPV, ce dispositif a été élargi à la rentrée 2025-2026 à la protection contre les méningocoques, en réponse à une hausse des cas d'infections invasives observée en France.
Pourquoi vacciner contre le papillomavirus ?
Les infections à papillomavirus humains sont responsables chaque année en France de plusieurs milliers de cancers, principalement le cancer du col de l'utérus, mais aussi des cancers de l'anus, de l'oropharynx, de la vulve, du vagin ou du pénis.
Selon les données de Santé publique France et de l'Assurance Maladie, environ 6 400 à 7 000 nouveaux cas de cancers liés au HPV sont diagnostiqués chaque année dans le pays, dont près des trois quarts chez les femmes.
La vaccination, lorsqu'elle est réalisée avant le début de la vie sexuelle, permettrait de prévenir jusqu'à 90 % de ces infections.
C'est pour cette raison que la vaccination est recommandée dès l'âge de 11 ans, garçons et filles confondus, avec un rattrapage possible jusqu'à 19 ans révolus (26 ans pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes).
Le schéma vaccinal repose sur deux doses, espacées d'au moins cinq mois et administrées dans un délai maximal de treize mois, réparties sur deux années scolaires consécutives.
Une nouveauté 2025-2026 : la protection contre les méningocoques ACWY
Depuis la rentrée précédente, une dose unique de vaccin contre les méningocoques ACWY est proposée en même temps que la seconde dose de HPV, lors d'une séance de co-administration.
Cette extension du dispositif fait suite à une recrudescence des infections invasives à méningocoques en France : 616 cas ont été déclarés en 2024, contre une moyenne annuelle de l'ordre de 500 les années précédentes, entraînant 69 décès.
Ces infections, qui peuvent provoquer des méningites ou des septicémies, comptent parmi les urgences infectieuses les plus graves chez l'enfant et l'adolescent.
Comment se déroule la campagne dans les collèges
Les séances de vaccination se tiennent au sein même des établissements scolaires, entre janvier et juin selon les académies, par des équipes mobiles de vaccination composées de professionnels de santé qualifiés.
Certaines sessions d'information à destination des parents et des élèves ont lieu dès la rentrée de septembre afin de préparer le recueil des autorisations.
- Public concerné : élèves scolarisés en classe de 5e, dans les collèges publics et les établissements privés volontaires
- Coût : gratuité totale, prise en charge à 100 % par l'Assurance Maladie, sans avance de frais
- Autorisation : un accord écrit des deux titulaires de l'autorité parentale est obligatoire, à retourner via un formulaire papier ou en ligne selon les académies
- Documents à apporter : le carnet de santé de l'enfant est demandé le jour de la vaccination
- Vaccins : deux injections HPV réparties sur deux ans, associées à une dose unique de vaccin méningococcique ACWY lors d'une même séance
Les familles sont invitées à se rapprocher du secrétariat de l'établissement de leur enfant pour connaître les dates précises des séances et les délais de retour des autorisations parentales, qui varient d'une académie à l'autre.
Des taux de couverture vaccinale en progression, mais encore insuffisants
Les autorités sanitaires suivent de près l'impact de cette vaccination scolaire sur la couverture vaccinale des adolescents.
Chez les filles nées en 2009, âgées de 15 ans, la couverture vaccinale HPV pour au moins une dose atteignait 58,4 % en 2024, en progression de plus de 10 points par rapport aux années précédentes.
Chez les garçons de la même génération, la couverture a quasiment triplé en deux ans, passant de 12,8 % en 2022 à 36,9 % en 2024.
Ces progrès sont en grande partie attribués au déploiement de la vaccination directement dans les collèges, qui a permis de lever certains freins d'accès rencontrés en médecine de ville.
Le ministère chargé de la Santé s'est fixé un objectif de 80 % de couverture vaccinale chez les adolescents d'ici 2030, conformément à la stratégie nationale de lutte contre le cancer.
Malgré la progression observée, la France reste en retrait par rapport à d'autres pays européens ayant mis en place des dispositifs de vaccination scolaire plus anciens, ce qui explique la reconduction et le renforcement de cette campagne chaque année.
Où se faire vacciner en dehors du cadre scolaire ?
Les adolescents qui n'auraient pas pu bénéficier de la vaccination en milieu scolaire, ou les jeunes adultes concernés par le rattrapage vaccinal, peuvent se faire vacciner contre le HPV auprès de leur médecin traitant, d'un pédiatre, d'une sage-femme, dans un centre de vaccination ou en pharmacie selon les régions.
Le vaccin contre les papillomavirus est pris en charge par l'Assurance Maladie jusqu'à l'âge de 26 ans depuis une évolution récente de la réglementation.
Pour identifier un professionnel de santé habilité à réaliser cette vaccination près de chez soi, il est possible de consulter l'annuaire des professionnels de santé ou de localiser un centre de vaccination via la carte interactive des professionnels et établissements de santé.
Cette campagne scolaire s'inscrit plus largement dans les actions de prévention menées à la rentrée, aux côtés du dépistage du cancer du col de l'utérus proposé aux femmes à partir de 25 ans, complémentaire de la vaccination pour les personnes déjà exposées au virus avant l'âge vaccinal recommandé.