Une prise en charge encadrée depuis le 15 juin 2026
Depuis le 15 juin 2026, en application des arrêtés du 23 mai 2026, l'Assurance Maladie prend en charge deux médicaments jusqu'ici réservés au traitement du diabète ou délivrés hors remboursement : Wegovy® (sémaglutide) et Mounjaro® (tirzépatide).
Ces analogues du GLP-1, administrés par injection, sont désormais remboursables dans l'obésité, mais uniquement dans des situations cliniques précises et sous des conditions strictement encadrées par la Haute Autorité de Santé (HAS) et l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).
Cette évolution répond à une demande de longue date des associations de patients, alors que l'obésité concerne environ 17,4 % des adultes en France.
Elle s'accompagne toutefois de garde-fous destinés à éviter les prescriptions hors cadre médical, notamment à visée purement esthétique.
Qui peut en bénéficier ?
Le remboursement n'est pas ouvert à toute personne en situation de surpoids ou d'obésité modérée.
Il concerne les patients en situation d'obésité sévère ou massive, répondant à l'un des critères suivants :
- un indice de masse corporelle (IMC) supérieur ou égal à 40 kg/m², après échec avéré d'une prise en charge nutritionnelle bien conduite ;
- un IMC supérieur ou égal à 35 kg/m², associé à au moins une comorbidité liée au poids : diabète de type 2, hypertension artérielle, apnée du sommeil, dyslipidémie ou maladie cardiovasculaire ;
- pour les adolescents à partir de 12 ans, en situation d'obésité et pesant plus de 60 kg, selon des critères spécifiques.
Dans tous les cas, le traitement médicamenteux doit intervenir en complément — et non en remplacement — d'un régime hypocalorique, d'une activité physique accrue et d'un accompagnement nutritionnel et psycho-comportemental structuré.
La HAS précise que la prescription n'est envisagée qu'après l'échec d'une prise en charge non médicamenteuse n'ayant pas permis d'obtenir au moins 5 % de perte de poids en six mois.
Quel taux de remboursement ?
Le taux de remboursement de base fixé par l'Assurance Maladie est de 65 %.
Dans les faits, la grande majorité des patients éligibles bénéficient d'une prise en charge à 100 %, car les comorbidités justifiant la prescription (diabète, maladies cardiovasculaires) relèvent le plus souvent d'une affection de longue durée (ALD), elle-même prise en charge intégralement par la Sécurité sociale.
Les patients ne remplissant pas les critères d'éligibilité peuvent toujours se procurer ces médicaments en pharmacie, mais sans aucune prise en charge : le coût reste alors entièrement à leur charge.
Qui peut prescrire ces traitements ?
La première prescription ouvrant droit au remboursement est réservée à des médecins spécialistes impliqués dans la prise en charge de l'obésité : endocrinologues, médecins exerçant en centre spécialisé de l'obésité ou en établissement hospitalier universitaire.
Les renouvellements peuvent ensuite être assurés par le médecin traitant ou un autre spécialiste, ce qui facilite le suivi au long cours sans nécessiter un déplacement systématique vers un centre spécialisé.
Pour identifier un endocrinologue ou un centre spécialisé proche de son domicile, il est possible de consulter l'annuaire des professionnels de santé ou de visualiser leur implantation via la carte des professionnels de santé.
Une démarche administrative à ne pas négliger
Point important à connaître : le remboursement n'est pas automatique à la simple présentation de l'ordonnance.
Un formulaire d'accompagnement à la prescription doit être rempli une seule fois par le médecin prescripteur et remis au patient.
Ce document doit ensuite être présenté à la pharmacie à chaque délivrance du traitement pour que la prise en charge s'applique.
Les patients qui suivaient déjà un traitement par Wegovy ou Mounjaro avant le 15 juin 2026, en dehors de tout remboursement, doivent également se rapprocher d'un prescripteur autorisé pour obtenir ce formulaire et basculer vers une prise en charge par l'Assurance Maladie.
Des limites clairement posées
Les autorités sanitaires insistent sur le fait que ces traitements ne sont ni anodins ni destinés à un usage de confort.
Une prescription en dehors du cadre défini — par exemple à visée purement esthétique ou par un professionnel non habilité — ne donnera droit à aucun remboursement.
Par ailleurs, comme tout traitement médicamenteux, ces molécules peuvent entraîner des effets indésirables, ce qui justifie un encadrement médical rapproché tout au long du traitement.
En résumé
- Remboursement effectif depuis le 15 juin 2026 pour Wegovy® et Mounjaro®.
- Réservé aux situations d'obésité sévère (IMC ≥ 40, ou ≥ 35 avec comorbidité).
- Taux de 65 %, souvent porté à 100 % en cas d'ALD.
- Première prescription réservée à des spécialistes de l'obésité, renouvellement possible par le médecin traitant.
- Un formulaire d'accompagnement obligatoire est à présenter à chaque délivrance en pharmacie.
Cette mesure marque une évolution notable dans la prise en charge médicale du poids en France, tout en maintenant un cadre strict destiné à réserver ces traitements aux situations où le bénéfice médical est clairement établi.