ALD : comment être pris en charge à 100 % en 2026 ?

L'affection de longue durée (ALD) ouvre droit à une prise en charge à 100 % sur la base de remboursement de l'Assurance Maladie pour les soins liés à votre maladie chronique. Voici qui est concerné, ce que le « 100 % » couvre vraiment, et les démarches à suivre en 2026.

— Spécialiste en journalisme informations santé

Une affection de longue durée (ALD) reconnue par l'Assurance Maladie ouvre droit à une prise en charge à 100 % sur la base de remboursement, pour tous les soins et traitements en lien avec votre maladie. En France, environ 13,7 millions de personnes — près d'un assuré sur cinq — bénéficient de ce dispositif en 2026 (source : Assurance Maladie).
La reconnaissance passe par un protocole de soins établi par votre médecin traitant et validé par le médecin-conseil de l'Assurance Maladie.

En bref

  • Ce que couvre le « 100 % » : 100 % du tarif de convention (base de remboursement) pour les soins liés à l'ALD — consultations, examens, médicaments, hospitalisations, dispositifs prévus au protocole.
  • Qui est concerné : ~13,7 millions de personnes en 2026 (≈ 20 % des assurés).
    Trois cadres : ALD30 (30 maladies listées), ALD31 (hors liste), ALD32 (polypathologies).
  • Comment être reconnu : protocole de soins rédigé par le médecin traitant, validé par le médecin-conseil.
    Durée d'exonération définie, renouvelable.
  • Ce qui reste à votre charge : dépassements d'honoraires, forfait journalier hospitalier, participation forfaitaire (2 €) et franchises médicales, soins sans lien avec l'ALD.

Qu'est-ce qu'une ALD et que couvre exactement le « 100 % » ?

Une affection de longue durée est une maladie dont la gravité et le caractère chronique nécessitent un traitement prolongé et coûteux.
Lorsqu'elle est « exonérante », elle supprime le ticket modérateur : l'Assurance Maladie rembourse alors à 100 % de la base de remboursement (le tarif de convention) les soins et traitements en rapport avec cette maladie.

Attention à une nuance essentielle : le « 100 % » s'applique au tarif de convention, pas aux dépassements d'honoraires.
Un médecin de secteur 2 peut pratiquer des honoraires libres : la part au-dessus du tarif de base reste à votre charge (ou à celle de votre complémentaire santé).
Les soins sans lien avec l'ALD, eux, restent remboursés au taux habituel.

Quelles maladies sont concernées ? (ALD30, ALD31, ALD32)

Il existe trois cadres de reconnaissance :

  • ALD30 : une liste de 30 affections définie par décret — diabète, cancers, insuffisance cardiaque grave, accident vasculaire cérébral invalidant, sclérose en plaques, maladie de Parkinson, insuffisance respiratoire chronique grave, maladies psychiatriques de longue durée, etc.
  • ALD31 : les affections « hors liste » — une forme grave d'une maladie ou une forme évolutive/invalidante, non inscrite à la liste des 30, nécessitant un traitement prolongé (supérieur à six mois) et particulièrement coûteux.
  • ALD32 : les polypathologies — plusieurs affections entraînant un état pathologique invalidant et nécessitant, elles aussi, des soins continus et coûteux.

C'est le médecin qui apprécie, au cas par cas et selon les critères médicaux d'admission publiés par la Haute Autorité de Santé (HAS), si votre situation relève de l'un de ces cadres.

Comment être reconnu en ALD ? Les démarches

La procédure repose sur le protocole de soins, un document commun à vous, votre médecin et l'Assurance Maladie :

  1. Votre médecin traitant établit le protocole de soins : il y indique le diagnostic, les soins et traitements nécessaires.
  2. Le médecin-conseil de l'Assurance Maladie examine la demande et donne (ou non) son accord, pour une durée déterminée.
  3. Votre médecin vous remet un volet du protocole ; vous en prenez connaissance et le signez.
  4. Vos ordonnances deviennent « bizones » : la partie haute liste les soins liés à l'ALD (pris en charge à 100 %), la partie basse les soins sans rapport (remboursés au taux normal).

L'exonération est accordée pour une durée limitée puis renouvelable si l'état de santé le justifie.
Vous pouvez suivre l'avancement de votre demande et retrouver votre protocole dans votre compte ameli et sur Mon Espace Santé.

Que reste-t-il à votre charge malgré le 100 % ?

Être en ALD ne signifie pas « tout gratuit ».
Restent notamment dus :

  • les dépassements d'honoraires (secteur 2, hors parcours de soins) ;
  • le forfait journalier hospitalier en cas d'hospitalisation ;
  • la participation forfaitaire (2 € par consultation ou acte médical) et les franchises médicales (sur les médicaments, actes paramédicaux, transports), dans la limite d'un plafond annuel ;
  • les soins et médicaments sans lien avec l'ALD.

Une complémentaire santé peut couvrir ces restes à charge.
Pour comparer ce que l'Assurance Maladie prend en charge selon les actes, consultez notre page tarifs et remboursements.

Comment faire si vous n'avez pas de médecin traitant ?

Le protocole de soins est normalement rédigé par le médecin traitant.
Si vous n'en avez pas, la démarche reste possible : un autre médecin (par exemple un spécialiste qui vous suit) peut initier le protocole, et il est vivement conseillé de déclarer un médecin traitant dès que possible pour votre suivi et vos remboursements.
Pour trouver un professionnel près de chez vous, utilisez notre annuaire des praticiens ou la carte interactive, construits à partir des données officielles du RPPS et de l'Annuaire Santé de l'Assurance Maladie.

Questions fréquentes

L'ALD est-elle définitive ?
Non.
L'exonération est accordée pour une durée déterminée, définie dans le protocole de soins, puis renouvelable si votre état de santé le justifie.

Le 100 % couvre-t-il les dépassements d'honoraires ?
Non.
La prise en charge à 100 % porte sur la base de remboursement (tarif de convention).
Les dépassements d'honoraires restent à votre charge ou à celle de votre complémentaire.

Faut-il payer une complémentaire santé quand on est en ALD ?
Ce n'est pas obligatoire, mais utile : elle peut couvrir les restes à charge (dépassements, forfait journalier, participation forfaitaire, franchises, soins hors ALD).

Qui décide de l'admission en ALD ?
Le médecin traitant propose le protocole de soins ; le médecin-conseil de l'Assurance Maladie l'examine et accorde (ou non) l'exonération, selon les critères médicaux publiés par la HAS.

Cet article a une visée informative et ne constitue pas un avis médical.
Pour toute question sur votre situation, adressez-vous à votre médecin ou à votre caisse d'Assurance Maladie.

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Sources et références

Les références citées permettent de retrouver les informations et leur éditeur. Leur citation ne constitue pas une validation de cet article par ces organismes. MonSuiviMédical ne fournit aucun conseil médical.