Dépistage du CMV pendant la grossesse : la HAS précise la prise en charge dès 2026

La Haute Autorité de Santé a publié en août 2026 des recommandations détaillant le calendrier de dépistage du cytomégalovirus pendant la grossesse et la conduite à tenir en cas de résultat positif, dont un traitement antiviral précoce.

— Spécialiste en journalisme informations santé

Une infection virale méconnue mais aux conséquences potentiellement lourdes

Le cytomégalovirus (CMV) est un virus de la famille de l'herpès, très répandu dans la population générale : près d'une personne sur deux en France a déjà été en contact avec lui, le plus souvent sans même s'en rendre compte.
Chez un adulte en bonne santé, l'infection passe généralement inaperçue ou se traduit par des symptômes bénins proches d'un syndrome grippal.
Le virus se transmet principalement par les liquides biologiques (salive, urine, sécrétions génitales), ce qui explique une exposition fréquente, notamment au contact de jeunes enfants.

Le problème se pose lorsqu'une femme contracte le CMV pour la première fois juste avant ou pendant les premiers mois de sa grossesse.
Le virus peut alors traverser la barrière placentaire et affecter le fœtus, avec un risque de troubles auditifs, de complications neurologiques ou de retards de développement chez l'enfant à naître.
Le CMV est aujourd'hui considéré comme l'une des principales causes infectieuses de surdité congénitale et de handicap neurologique d'origine virale en France.

La HAS précise les modalités du dépistage et de la prise en charge

Après avoir recommandé en juin 2025 la mise en place d'un dépistage systématique du CMV chez les femmes enceintes, la Haute Autorité de Santé (HAS) a publié le 4 août 2026 des recommandations de bonnes pratiques détaillant comment ce dépistage doit être organisé et comment accompagner les femmes concernées en cas de résultat positif.

Cette publication marque une étape supplémentaire vers une éventuelle généralisation, en France, d'une surveillance sérologique systématique pendant la grossesse, à l'image de ce qui existe déjà pour d'autres infections comme la toxoplasmose ou la rubéole.

Un calendrier de tests précis au premier trimestre

Les recommandations détaillent un calendrier de dépistage adapté selon la situation de chaque femme :

  • Avant la grossesse : une sérologie préconceptionnelle (recherche des anticorps IgG et IgM) peut être proposée pour connaître son statut immunitaire vis-à-vis du CMV.
  • En début de grossesse, si aucune immunité antérieure n'est connue ou si la femme est séronégative : une première sérologie est réalisée le plus tôt possible, avant 14 semaines d'aménorrhée (SA), avec un renouvellement toutes les quatre semaines pendant le premier trimestre.
  • Un dernier contrôle est prévu entre 13 et 14 SA pour les femmes toujours séronégatives, afin de couvrir la période la plus à risque pour le fœtus.

Si la sérologie reste négative (absence d'IgG et d'IgM), une surveillance mensuelle est maintenue jusqu'à la fin du premier trimestre.
Si la femme est déjà immunisée avant la grossesse (IgG positifs, IgM négatifs), aucun suivi sérologique supplémentaire n'est nécessaire, le risque de primo-infection étant alors écarté.

En cas de résultat positif : une consultation dédiée

Lorsque le dépistage révèle une primo-infection en cours pendant la grossesse, la HAS recommande la mise en place d'une consultation dédiée, destinée à informer la patiente de façon claire sur les risques, les options disponibles et les suites possibles, dans une logique de décision partagée.
Cette consultation s'appuie, si nécessaire, sur l'expertise des centres pluridisciplinaires de diagnostic prénatal (CPDPN).

Un bilan complémentaire, pouvant inclure une amniocentèse à partir de 18 semaines d'aménorrhée, permet de déterminer si le fœtus a lui aussi été infecté.
Si ce bilan est négatif, le suivi de grossesse redevient classique.
S'il est positif, une surveillance renforcée est mise en place en lien avec le CPDPN.

Un traitement antiviral pour limiter la transmission au fœtus

Autre élément porté par ces recommandations : la possibilité, en cas de primo-infection confirmée, de proposer rapidement un traitement antiviral à base de valaciclovir.
Administré tôt après le diagnostic, ce traitement vise à réduire le risque de transmission du virus au fœtus.
Aucun signal de toxicité pour le fœtus n'a été identifié à ce stade dans les données disponibles, et la prescription pourrait, à terme, être également ouverte aux sages-femmes en plus des médecins, afin de faciliter l'accès rapide au traitement.

Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) a par ailleurs mis à disposition des professionnels de santé des outils pratiques, dont des modèles d'ordonnances de dépistage et de bilan prétherapeutique, pour faciliter l'application de ces recommandations sur le terrain.

Une information renforcée à venir pour les femmes enceintes

La HAS prévoit la publication, à partir d'octobre 2026, d'un document d'information dédié aux femmes enceintes, destiné à expliquer en des termes accessibles les enjeux du dépistage, les gestes de prévention au quotidien (lavage des mains, précautions avec les enfants en bas âge) et la conduite à tenir en cas de résultat positif.

La HAS a également prévu une réévaluation de ce dispositif de dépistage systématique dans un délai de trois ans, sur la base des données de mise en œuvre, afin de décider de sa poursuite ou de son ajustement.

Ce que cela change concrètement pour le suivi de grossesse

Dans l'attente de la généralisation effective du dépistage, les femmes enceintes peuvent d'ores et déjà échanger avec leur médecin traitant, leur gynécologue ou leur sage-femme sur l'intérêt d'une sérologie CMV, en particulier en cas de contact professionnel ou familial rapproché avec de jeunes enfants.

Pour identifier un professionnel de santé assurant le suivi de grossesse près de chez soi, l'annuaire des professionnels de santé permet de rechercher un gynécologue, une sage-femme ou un médecin généraliste.
La carte des professionnels de santé aide également à visualiser l'offre de soins disponible sur un territoire, ce qui peut être utile pour organiser un suivi de grossesse régulier, notamment dans les zones où l'offre médicale est plus limitée.

Ces recommandations ne se substituent pas à un avis médical individualisé : seul un professionnel de santé peut évaluer, au cas par cas, l'opportunité d'un dépistage et adapter la prise en charge à la situation de chaque patiente.

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Sources et références

Les références citées permettent de retrouver les informations et leur éditeur. Leur citation ne constitue pas une validation de cet article par ces organismes. MonSuiviMédical ne fournit aucun conseil médical.