Un programme de prévention qui change d'échelle
Depuis 2021, l'Assurance Maladie et l'Éducation nationale organisent, au sein même des écoles, un dépistage précoce de trois types de troubles susceptibles de freiner la réussite scolaire des enfants s'ils ne sont pas repérés à temps : les troubles visuels, les troubles du langage et de la communication, et les troubles du rachis (le dos).
Pour l'année scolaire 2026-2027, ce dispositif franchit une nouvelle étape : il est désormais déployé dans 70 départements, au sein d'écoles pilotes, contre un nombre plus restreint les années précédentes.
Cette montée en puissance progressive vise à couvrir à terme l'ensemble du territoire, y compris plusieurs départements et collectivités d'outre-mer comme la Guadeloupe, la Martinique ou La Réunion.
Trois dépistages, trois âges clés
Le programme cible des moments précis de la scolarité, choisis parce qu'ils correspondent à des fenêtres favorables pour repérer certains troubles avant qu'ils ne s'installent ou n'affectent les apprentissages :
- Les troubles visuels sont recherchés chez les enfants de petite section de maternelle, âgés de 3 à 4 ans, à l'aide d'un photoscreener et d'équipements visuels adaptés.
- Les troubles du langage et de la communication sont dépistés également en petite section, chez les enfants âgés de 36 à 42 mois, grâce à un test standardisé appelé DPL3.
- Les troubles du rachis, c'est-à-dire les déformations ou anomalies de la colonne vertébrale (comme la scoliose), sont recherchés en classe de CM1, chez les élèves de 9 à 10 ans.
Selon l'Assurance Maladie, ces trois catégories de troubles concernent entre 5 % et 20 % des enfants selon les pathologies, avec un impact potentiel sur la scolarité et le développement si elles ne sont pas prises en charge suffisamment tôt.
Comment se déroule le dépistage
Concrètement, le dépistage a lieu directement pendant le temps scolaire, dans l'enceinte de l'établissement, à l'aide de matériel fourni par l'Assurance Maladie.
Il est réalisé par des professionnels de santé libéraux mobilisés pour l'occasion : masseurs-kinésithérapeutes, orthophonistes et orthoptistes.
Aucune démarche n'est à accomplir par les familles en amont, si ce n'est donner leur accord.
Les écoles concernées distribuent en effet, dès le premier trimestre, une autorisation parentale à signer, condition indispensable pour que l'enfant puisse participer.
Des réunions d'information sont également proposées aux parents pour présenter la démarche et répondre à leurs questions.
Point important pour les familles : ce dépistage est pris en charge à 100 %, sans avance de frais.
Il ne se substitue pas aux examens médicaux obligatoires de l'enfant ni au suivi effectué par la protection maternelle et infantile (PMI), mais vient les compléter en touchant un plus grand nombre d'élèves, y compris ceux qui consultent moins régulièrement un professionnel de santé.
Que se passe-t-il en cas de trouble détecté
Lorsqu'une anomalie est repérée lors du dépistage, les parents en sont informés et orientés vers le médecin traitant de l'enfant ou vers un spécialiste, afin de confirmer le diagnostic et, si nécessaire, d'engager une prise en charge adaptée.
L'Assurance Maladie indique assurer un suivi de ces orientations pour s'assurer que les enfants identifiés entrent bien dans un parcours de soins.
Les familles qui souhaitent identifier un professionnel de santé proche de chez elles, par exemple un orthoptiste, un orthophoniste ou un pédiatre pour donner suite à une orientation, peuvent s'appuyer sur un annuaire des professionnels de santé ou consulter une carte interactive de l'offre de soins afin de localiser les praticiens disponibles dans leur secteur.
Des résultats déjà mesurables
Le bilan de l'année scolaire 2025-2026, avant l'extension à 70 départements, fait état d'environ 40 000 enfants ayant bénéficié d'un dépistage visuel, 35 000 d'un dépistage du langage, et 22 000 d'un dépistage des troubles du rachis.
Ces chiffres, appelés à progresser avec l'élargissement territorial du dispositif, illustrent la montée en charge progressive d'un programme conçu pour repérer tôt des troubles qui, non traités, peuvent avoir des répercussions durables sur la scolarité, la socialisation et l'estime de soi des enfants.
Pourquoi cette extension maintenant
Le choix d'élargir le dispositif à la rentrée 2026-2027 s'inscrit dans une logique plus large de renforcement de la prévention en santé chez les plus jeunes, portée conjointement par l'Assurance Maladie et le ministère de l'Éducation nationale.
En mobilisant des professionnels libéraux directement dans les écoles, l'objectif affiché est de réduire les inégalités d'accès au dépistage, notamment pour les familles qui consultent moins souvent des spécialistes en ville, que ce soit pour des raisons géographiques, financières ou d'organisation.
Les familles concernées par les écoles pilotes seront informées directement par l'établissement scolaire de leur enfant en début d'année.
Il n'existe pas de démarche à entreprendre spontanément auprès de la CPAM : c'est l'école qui initie le processus via l'autorisation parentale.
Ce qu'il faut retenir
- Trois dépistages gratuits à l'école : vue et langage en petite section de maternelle, dos en CM1.
- Extension à 70 départements dès la rentrée 2026-2027.
- Prise en charge à 100 %, sans avance de frais, réalisée par des professionnels libéraux (kinésithérapeutes, orthophonistes, orthoptistes).
- Autorisation parentale obligatoire, distribuée par l'école en début d'année.
- En cas de trouble détecté, orientation vers le médecin traitant ou un spécialiste pour confirmation et prise en charge.