Un dispositif étendu aux hybrides et biosimilaires
Depuis le 1er septembre 2026, les règles de remboursement évoluent en pharmacie pour deux catégories de médicaments jusqu'ici épargnées par le dispositif « tiers payant contre générique » : les médicaments hybrides et les médicaments biosimilaires.
L'Assurance Maladie aligne désormais leurs conditions de délivrance et de remboursement sur celles déjà en vigueur pour les génériques classiques.
Hybrides et biosimilaires : de quoi parle-t-on ?
Ces deux familles de médicaments répondent, selon l'Assurance Maladie, aux « mêmes exigences de qualité, d'efficacité et de sécurité » que les médicaments de référence, mais avec des particularités :
- Le médicament hybride contient la même substance active qu'un médicament de référence, mais se distingue par sa forme, son dosage ou son mode d'administration (par exemple une solution buvable proposée à la place d'un comprimé, plus adaptée à certains patients âgés).
- Le médicament biosimilaire est très similaire à un médicament biologique de référence, c'est-à-dire issu de cellules vivantes.
Il concerne notamment certaines hormones (insulines, hormones de croissance) ou des traitements biologiques utilisés dans des pathologies chroniques.
Une extension du principe déjà connu des génériques
Depuis plusieurs années déjà, un patient qui refuse la substitution d'un médicament princeps par un générique proposé par le pharmacien perd le bénéfice du tiers payant sur cette délivrance.
Ce même principe s'applique désormais, depuis le 1er septembre 2026, aux hybrides et aux biosimilaires.
Ce qui change concrètement pour les patients
Perte du tiers payant en cas de refus
Si le pharmacien propose la substitution du médicament d'origine par son équivalent hybride ou biosimilaire et que le patient la refuse, il ne peut plus bénéficier du tiers payant sur cette boîte de médicament.
Concrètement, il doit avancer l'intégralité du prix du médicament d'origine au comptoir, puis demander lui-même le remboursement à sa caisse d'assurance maladie.
Un remboursement calculé sur la base du prix le plus économique du groupe
Autre changement : dans certaines situations, le remboursement n'est plus calculé sur le prix du médicament d'origine délivré, mais sur celui du biosimilaire ou de l'hybride le plus cher du groupe concerné.
Si le médicament d'origine est plus onéreux que cette référence, la différence reste à la charge du patient, en plus de la part habituelle de ticket modérateur.
Un exemple permet d'illustrer ce mécanisme : si le médicament d'origine coûte 20 €, et que l'équivalent proposé par le groupe coûte 18 €, le patient qui refuse la substitution règle 20 € au comptoir mais n'est remboursé que sur la base de 18 €.
Il conserve donc 2 € à sa charge, en plus de la part non remboursée classique.
L'exception : la mention « non substituable »
Ce nouveau dispositif comporte une exception déjà connue du système des génériques.
Lorsque le médecin prescripteur estime, pour des raisons médicales précises, que la substitution n'est pas souhaitable pour un patient donné, il peut indiquer sur l'ordonnance une mention de non-substitution.
Dans ce cas, le pharmacien ne procède pas au remplacement par l'hybride ou le biosimilaire, et le patient continue de bénéficier normalement du tiers payant sur le médicament d'origine, sans perte de prise en charge.
Cette mention doit rester justifiée par une situation clinique particulière et n'est pas destinée à une utilisation systématique : elle relève de l'appréciation du médecin traitant ou du spécialiste, en lien avec le suivi habituel du patient.
Qui est concerné par ce changement ?
Sont concernés les patients auxquels un médicament d'origine a été prescrit, dès lors qu'il existe un équivalent hybride ou biosimilaire disponible en pharmacie et que le pharmacien propose cette substitution, conformément aux groupes définis par les autorités sanitaires.
La mesure touche aussi bien les traitements chroniques que les prescriptions ponctuelles, sous réserve que le groupe concerné soit inscrit au répertoire des groupes hybrides et biosimilaires.
Les professionnels de santé — médecins, pharmaciens, infirmiers — sont eux aussi directement concernés, puisqu'ils doivent adapter leurs pratiques : information du patient au comptoir, vérification de la mention de non-substitution sur l'ordonnance, et explication du mécanisme de remboursement en cas de refus.
Pourquoi cette évolution ?
Selon l'Assurance Maladie, cette extension du dispositif « tiers payant contre équivalent » vise à encourager le recours aux hybrides et biosimilaires, dont l'efficacité et la sécurité sont jugées comparables aux médicaments de référence, tout en maîtrisant les dépenses de santé.
Le principe reste le même que pour les génériques : laisser le libre choix au patient, tout en l'incitant financièrement à accepter une alternative reconnue équivalente sur le plan médical.
Conseils pratiques
- Avant de vous rendre en pharmacie, vérifiez avec votre médecin si une mention de non-substitution doit figurer sur votre ordonnance en cas de besoin médical particulier.
- N'hésitez pas à demander au pharmacien des explications sur le médicament hybride ou biosimilaire proposé : composition, forme, dosage.
- En cas de doute sur votre traitement habituel, un échange avec votre médecin traitant reste la meilleure option pour ajuster votre suivi.
Pour identifier un médecin ou un pharmacien proche de chez vous et faire le point sur votre traitement, vous pouvez consulter l'annuaire des professionnels de santé.
Il est également possible de repérer les pharmacies et professionnels autour de votre domicile grâce à la carte interactive de MonSuiviMédical.
En résumé
Depuis le 1er septembre 2026, refuser un médicament hybride ou biosimilaire proposé en pharmacie entraîne la perte du tiers payant, sauf mention médicale justifiée de non-substitution.
Le remboursement peut aussi être calculé sur la base du prix de l'équivalent le plus économique du groupe, laissant une différence à la charge du patient en cas de refus.
Ce dispositif s'inscrit dans la continuité des règles déjà appliquées aux médicaments génériques depuis plusieurs années.