Chaque année, le virus respiratoire syncytial (VRS) provoque des milliers d'hospitalisations de nourrissons en France, principalement à cause de la bronchiolite.
Depuis quelques années, deux outils de prévention permettent de réduire le risque de formes graves : un vaccin destiné aux femmes enceintes et une immunisation directe du bébé par anticorps monoclonal.
La campagne 2026-2027 démarre le 14 septembre avec des nouveautés notables, notamment un remboursement renforcé.
Voici ce qu'il faut savoir.
Le VRS, première cause d'hospitalisation des bébés en hiver
Le virus respiratoire syncytial circule chaque année en France de l'automne au début du printemps.
Il est responsable de la grande majorité des bronchiolites du nourrisson, une infection respiratoire qui touche surtout les enfants de moins de deux ans.
Dans la plupart des cas, la bronchiolite reste bénigne, mais elle peut évoluer vers une forme grave nécessitant une hospitalisation, en particulier chez les tout-petits nés prématurément ou porteurs d'une pathologie respiratoire ou cardiaque.
Face à ce constat, les autorités sanitaires ont mis en place, depuis la saison 2023-2024, une stratégie de prévention à deux volets : la vaccination de la femme enceinte pour transmettre une protection au bébé avant sa naissance, et l'immunisation directe du nourrisson par anticorps monoclonal après la naissance.
Deux stratégies de protection pour les nourrissons
La vaccination de la femme enceinte avec Abrysvo
Le vaccin Abrysvo peut être proposé aux femmes enceintes entre la 32e et la 36e semaine d'aménorrhée.
Administré pendant la grossesse, il permet à la future mère de transmettre des anticorps au fœtus par voie placentaire, offrant ainsi une protection dès la naissance.
Cette vaccination est prise en charge à 100 % dans le cadre de l'assurance maternité, sans avance de frais.
L'immunisation directe du bébé par anticorps monoclonal
Lorsque la mère n'a pas été vaccinée pendant la grossesse, ou en complément, le nourrisson peut recevoir directement un anticorps monoclonal, si possible avant sa sortie de la maternité pour les bébés nés juste avant ou pendant la campagne.
Une étude de l'Assurance Maladie menée par Epi-Phare, publiée dans la revue JAMA en janvier 2026 et portant sur plus de 42 000 nourrissons, suggère que l'immunisation directe par nirsévimab serait associée à un risque d'hospitalisation plus faible que la vaccination maternelle seule.
Les deux stratégies restent néanmoins recommandées et contribuent, selon l'Assurance Maladie, à la protection globale des nouveau-nés.
Campagne 2026-2027 : dates et anticorps disponibles
La campagne nationale de prévention de la bronchiolite 2026-2027 débute le 14 septembre 2026 en France métropolitaine et se poursuit jusqu'à fin février 2027, avec des dates adaptées dans les territoires ultramarins et une couverture proposée toute l'année en Guyane, où le virus circule différemment.
Trois anticorps monoclonaux sont désormais disponibles, soit un de plus que lors de la saison précédente :
- Beyfortus (nirsévimab), proposé à tous les nourrissons
- Enflonsia (clesrovimab), un nouvel anticorps également proposé à tous les nourrissons
- Synagis (palivizumab), réservé aux nourrissons nés prématurément ou présentant un risque particulier, avec un schéma d'administration différent
Le choix entre ces produits et le dosage dépendent du poids de l'enfant, de son terme de naissance et de son état de santé.
Ces éléments sont évalués par l'équipe médicale de la maternité ou par le médecin qui suit l'enfant.
Ce qui change pour le remboursement depuis le 31 août 2026
C'est la principale nouveauté de cette rentrée : depuis le 31 août 2026, le taux de remboursement de Beyfortus et d'Enflonsia délivrés en pharmacie de ville est passé de 30 % à 65 % par l'Assurance Maladie, pour la première saison de circulation du virus après la naissance de l'enfant.
Cette revalorisation vise à réduire le reste à charge des familles et à encourager le recours à l'immunisation, alors que les capacités hospitalières en pédiatrie restent sous tension chaque hiver.
Comment est calculé le remboursement
Concrètement, une partie du coût de l'anticorps continue de rester à la charge des familles, sauf si elles bénéficient d'une prise en charge à 100 % (par exemple via la complémentaire santé solidaire) ou d'une mutuelle qui couvre le complément.
Lorsque l'administration a lieu directement en maternité, avant la sortie du nourrisson, l'injection est intégrée aux frais d'hospitalisation et ne donne pas lieu à une facturation séparée en pharmacie.
Le vaccin Abrysvo administré à la femme enceinte reste, lui, pris en charge à 100 % au titre de l'assurance maternité, sans reste à charge.
Et les personnes âgées de 75 ans et plus ?
Le VRS ne concerne pas uniquement les nourrissons : il peut aussi provoquer des formes sévères chez les personnes âgées ou fragiles.
La Haute Autorité de Santé recommande, depuis juin 2024, la vaccination contre le VRS chez les personnes de 75 ans et plus, ainsi que chez les adultes à risque à partir de 65 ans présentant certaines pathologies chroniques.
Ces vaccins ont reçu un avis favorable à leur prise en charge par la Haute Autorité de Santé fin 2024.
Toutefois, à la rentrée 2026, ils ne sont toujours pas remboursés par l'Assurance Maladie, faute d'accord finalisé sur leur prix entre les laboratoires concernés et le Comité économique des produits de santé.
Les personnes intéressées peuvent en parler avec leur médecin traitant, qui pourra faire le point sur la disponibilité et les conditions tarifaires en vigueur au moment de la consultation.
Comment protéger son enfant : démarches pratiques
Pour les futurs et jeunes parents, plusieurs options s'offrent à eux selon leur situation :
- Discuter avec la sage-femme ou le gynécologue de l'intérêt de la vaccination Abrysvo entre 32 et 36 semaines d'aménorrhée
- Se renseigner en maternité sur l'immunisation du bébé par anticorps monoclonal avant la sortie
- Si l'enfant est déjà né en dehors de la campagne ou n'a pas reçu d'anticorps à la maternité, en parler avec le pédiatre ou le médecin traitant, qui pourra proposer l'injection en cabinet ou orienter vers une pharmacie
- Conserver les gestes barrières habituels : lavage des mains avant de manipuler le bébé, aération des pièces, port du masque en cas de rhume, éviction des lieux très fréquentés en période de forte circulation virale
Pour trouver un professionnel de santé disponible près de chez soi, que ce soit un médecin généraliste, une sage-femme ou une maternité, l'annuaire santé et la carte interactive permettent de localiser rapidement les praticiens à proximité et de connaître leurs modalités de prise de rendez-vous.
Ce qu'il faut retenir
- La campagne nationale VRS 2026-2027 démarre le 14 septembre 2026 en métropole et se poursuit jusqu'à fin février 2027
- Trois anticorps monoclonaux sont disponibles cette saison : Beyfortus, Enflonsia et Synagis (ce dernier réservé aux nourrissons à haut risque)
- Depuis le 31 août 2026, le remboursement de Beyfortus et Enflonsia en pharmacie passe de 30 % à 65 %
- Le vaccin Abrysvo, administré pendant la grossesse, reste remboursé à 100 % au titre de l'assurance maternité
- Chez les personnes de 75 ans et plus, la vaccination est recommandée par la HAS mais n'est pas encore remboursée, faute d'accord sur son prix
- Les gestes barrières restent complémentaires des solutions vaccinales pour limiter la circulation du virus
Ces informations sont données à titre informatif et ne remplacent pas un avis médical personnalisé.
Pour toute question sur la vaccination ou l'immunisation d'un enfant, il est recommandé de s'adresser à un professionnel de santé.