Chikungunya et virus West Nile : la surveillance renforcée en France en septembre 2026

Santé publique France suit la progression du chikungunya et du virus West Nile transmis par les moustiques. Point sur les départements concernés, les différences entre ces virus et les gestes de prévention à adopter avant la fin de la saison.

— Spécialiste en journalisme informations santé

Une surveillance hebdomadaire des maladies transmises par les moustiques

Depuis le printemps 2026, Santé publique France publie chaque semaine un bulletin de surveillance renforcée consacré au chikungunya, à la dengue, au Zika et au virus West Nile en France métropolitaine.
Le dernier bulletin disponible, daté du 9 septembre 2026, fait le point sur une situation qui évolue mais reste, selon l'agence, comparable aux tendances observées les années précédentes.
Cette surveillance vise à détecter rapidement les foyers de transmission locale, appelés « transmissions autochtones », c'est-à-dire des cas contractés en France et non lors d'un voyage.

Chikungunya : 57 cas autochtones recensés depuis le printemps

Au 6 septembre 2026, la France comptait 11 foyers actifs de chikungunya, totalisant 57 cas de transmission locale, répartis dans le Tarn, le Lot, la Gironde et le Val-de-Marne.
La Gironde concentre à elle seule 46 cas répartis sur huit épisodes, notamment autour des communes de Prignac-et-Marcamps et Saint-Médard-en-Jalles.
En Île-de-France, un premier foyer de la saison a été identifié à Nogent-sur-Marne, dans le Val-de-Marne.

Cette circulation est rendue possible par l'implantation du moustique tigre (Aedes albopictus), désormais présent dans 83 des 96 départements métropolitains.
Le mécanisme est toujours le même : un voyageur revenu d'une zone où le virus circule (Océan Indien, Antilles, Guyane, Asie du Sud-Est notamment) est piqué par un moustique tigre local, qui peut ensuite transmettre le virus à d'autres personnes.
Depuis le 1er mai 2026, 136 cas importés de chikungunya ont été recensés sur le territoire, point de départ potentiel de nouveaux foyers.

La dengue également sous surveillance

Quatre épisodes de transmission autochtone de dengue, représentant 6 cas au total, ont par ailleurs été identifiés dans le Tarn, l'Hérault, la Dordogne et les Bouches-du-Rhône.
Depuis le début du printemps, 389 cas importés de dengue et 13 cas importés de Zika ont également été enregistrés.

Virus West Nile : une dynamique différente, portée par les oiseaux

Avec 56 cas autochtones recensés, le virus West Nile affiche un nombre de cas proche de celui du chikungunya, mais son mode de circulation est très différent.
Contrairement au chikungunya ou à la dengue, le virus West Nile circule principalement entre les oiseaux et les moustiques du genre Culex.
L'humain n'est qu'un « hôte accidentel » : une personne infectée ne peut pas retransmettre le virus à un moustique, car la quantité de virus présente dans son sang est insuffisante.
Le virus ne dépend donc pas de cas importés pour se maintenir, contrairement au chikungunya.

La semaine du 6 septembre a vu une augmentation de 17 cas par rapport à la semaine précédente, avec des premières détections humaines dans trois nouveaux départements : l'Aude, la Seine-et-Marne et la Drôme.
Cette circulation impose des mesures de précaution spécifiques, notamment sur le don de sang et d'organes dans les zones concernées, en complément de la surveillance vétérinaire des oiseaux et des chevaux.

Les gestes de prévention à connaître

Le ministère de la Santé et Santé publique France rappellent que la prévention repose avant tout sur la lutte contre la prolifération des moustiques et la protection individuelle :

  • Supprimer les eaux stagnantes autour du domicile : coupelles sous les pots de fleurs, gouttières bouchées, jouets ou pneus qui retiennent l'eau ;
  • Vider et nettoyer régulièrement les récipients qui peuvent servir de gîtes larvaires (arrosoirs, seaux, vases) ;
  • Porter des vêtements longs et amples, en particulier au lever et au coucher du soleil, périodes d'activité maximale du moustique tigre ;
  • Utiliser des répulsifs cutanés adaptés et des moustiquaires, surtout en cas de retour d'une zone à risque ;
  • Signaler la présence d'un moustique tigre suspecté via le portail national dédié.

Quand consulter un professionnel de santé ?

En cas de fièvre, de douleurs articulaires ou musculaires, de maux de tête, d'éruption cutanée ou de conjonctivite après un séjour ou une résidence dans une zone où des cas ont été signalés, il est recommandé de consulter rapidement un médecin, tout en continuant à se protéger des piqûres pour éviter de transmettre le virus à d'autres personnes.
Un professionnel de santé peut orienter vers les examens nécessaires et signaler le cas aux autorités sanitaires, un maillon essentiel de la surveillance.
Pour trouver un médecin généraliste ou un professionnel de santé à proximité, l'annuaire permet de rechercher un praticien selon la localisation, et la carte des professionnels de santé offre une vue géographique des ressources disponibles.

Une situation surveillée, sans caractère alarmant

Santé publique France souligne que, malgré la progression de ces foyers, les indicateurs observés en 2026 restent globalement comparables à ceux des saisons précédentes.
La vigilance reste toutefois de mise jusqu'à la fin de la période d'activité du moustique tigre, généralement jusqu'à fin novembre, période durant laquelle les autorités sanitaires continueront de publier des bulletins hebdomadaires actualisés sur l'évolution de ces maladies transmises par les moustiques.

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Sources et références officielles

Les informations présentées dans cet article proviennent de sources publiques officielles. MonSuiviMédical ne fournit aucun conseil médical.