Plus de 4,3 millions de personnes vivent avec un diabète en France, dont environ 92 % avec un diabète de type 2.
Mais derrière ce chiffre se cache une réalité moins connue : près d'une personne diabétique sur quatre ignore qu'elle est malade.
Face à ce constat, la Haute Autorité de Santé (HAS) a engagé en 2026 la révision de sa recommandation de dépistage du diabète de type 2, un texte qui n'avait pas été actualisé depuis 2003.
Voici ce qui change, ce qui reste en vigueur, et comment savoir si vous êtes concerné.
Le diabète de type 2, une maladie silencieuse et sous-diagnostiquée
Le diabète de type 2 s'installe progressivement, souvent sans symptôme pendant plusieurs années.
C'est ce qui rend le dépistage précoce essentiel : plus la maladie est repérée tôt, plus il est possible de limiter les complications cardiovasculaires, rénales, oculaires ou nerveuses qui lui sont associées.
Selon Santé publique France, la prévalence du diabète traité ne cesse d'augmenter depuis le début des années 2000, portée par le vieillissement de la population, la sédentarité et la progression du surpoids.
Les projections évoquent jusqu'à 500 000 personnes supplémentaires concernées d'ici 2027.
C'est ce contexte épidémiologique qui a conduit la HAS à s'autosaisir pour moderniser sa recommandation.
Les critères de dépistage actuellement en vigueur
En attendant la publication des nouvelles recommandations, les critères en vigueur restent ceux définis par la HAS en 2003 et relayés par l'Assurance Maladie.
Le dépistage repose sur un principe simple : il ne s'agit pas d'un dépistage organisé et systématique pour toute la population, comme celui du cancer du sein ou du cancer colorectal, mais d'un dépistage ciblé chez les personnes présentant un ou plusieurs facteurs de risque.
Qui est concerné aujourd'hui
- Les personnes âgées de plus de 45 ans présentant au moins un facteur de risque
- Les personnes en surpoids (IMC supérieur à 25 kg/m²) ou en situation d'obésité (IMC supérieur ou égal à 30 kg/m²)
- Les personnes souffrant d'hypertension artérielle ou de troubles du bilan lipidique (dyslipidémie)
- Les femmes ayant eu un diabète gestationnel ou un enfant de plus de 4 kg à la naissance
- Les personnes ayant un antécédent familial de diabète de type 2
- Les personnes originaires de régions où la prévalence du diabète est élevée
- Les personnes en situation de précarité ou présentant un risque cardiovasculaire élevé, quel que soit leur âge
Comment se déroule le test
Le seul examen recommandé et remboursé pour le dépistage est le dosage de la glycémie veineuse à jeun, réalisé par une simple prise de sang en laboratoire, sur prescription médicale.
L'hémoglobine glyquée (HbA1c), souvent utilisée pour le suivi des patients déjà diagnostiqués, n'est en revanche pas recommandée ni remboursée comme outil de dépistage en population générale.
Si aucun facteur de risque n'est identifié, ce test n'a pas à être répété systématiquement.
En présence de facteurs de risque, un contrôle est généralement proposé tous les trois ans, ou plus rapproché si la situation clinique l'exige.
C'est votre médecin traitant qui évalue votre profil de risque et vous oriente, le cas échéant, vers cette prise de sang.
Pourquoi la HAS actualise sa recommandation en 2026
Le document de cadrage de cette révision a été validé en janvier 2026.
Il s'agit de la première remise à plat de la recommandation depuis plus de vingt ans, un délai jugé trop long au regard de l'évolution des connaissances épidémiologiques et des pratiques de soins.
La HAS s'appuie sur une revue systématique de la littérature scientifique et sur un groupe de travail pluridisciplinaire réunissant professionnels de santé impliqués dans le dépistage et la prise en charge du diabète, ainsi que des représentants de patients.
Trois axes structurent ce travail :
- La pertinence de dépister avant l'âge de 45 ans chez les personnes ayant des facteurs de risque connus, une question directement liée à l'apparition de plus en plus précoce du diabète de type 2, y compris chez des adultes jeunes
- L'actualisation de la liste des facteurs de risque à prendre en compte
- L'amélioration de l'efficacité globale du parcours de dépistage, de l'identification des personnes à risque jusqu'à leur prise en charge
Ce qui pourrait évoluer, avec prudence
Il est important de le préciser : à ce stade, la recommandation actualisée n'a pas encore été publiée.
Le travail engagé en 2026 porte sur le cadrage méthodologique et l'analyse des données disponibles ; les nouveaux critères définitifs seront rendus publics à l'issue de ce processus, qui associe consultation des parties prenantes et validation par les instances de la HAS.
Cela signifie que, dans l'attente de la publication officielle, les critères de 2003 restent la référence appliquée par les médecins et l'Assurance Maladie.
Il n'y a donc pas lieu, pour l'instant, de modifier son suivi ou de réclamer un dépistage anticipé sur la seule base de cette annonce : mieux vaut en parler avec son médecin traitant, qui reste le mieux placé pour évaluer un risque individuel, quels que soient l'âge ou les critères en vigueur.
Remboursement et démarches pratiques
Le dosage de la glycémie à jeun prescrit dans le cadre d'un dépistage est un acte de biologie médicale classique, remboursé par l'Assurance Maladie dans les conditions habituelles, comme toute analyse de sang prescrite par un médecin.
En cas de diagnostic de diabète, la prise en charge change de nature : le diabète de type 2 ouvre droit, sous certaines conditions, au dispositif des affections de longue durée (ALD), qui permet une prise en charge à 100 % des soins et examens directement liés à la pathologie, dans la limite des tarifs de remboursement de l'Assurance Maladie.
Pour le suivi au long cours, les patients diabétiques de type 2 non insulinotraités bénéficient également d'une prise en charge des dispositifs d'autosurveillance glycémique (bandelettes, lecteur de glycémie), selon des plafonds définis par l'Assurance Maladie.
Que faire si vous pensez être concerné
Si vous avez plus de 45 ans, ou si vous présentez un ou plusieurs des facteurs de risque cités plus haut, la première étape reste d'en discuter avec votre médecin traitant lors d'une consultation.
Il pourra évaluer votre risque individuel, éventuellement à l'aide d'un outil de calcul de risque, et vous prescrire, si nécessaire, un dosage de la glycémie à jeun.
- Si vous n'avez pas encore de médecin traitant déclaré, vous pouvez en rechercher un près de chez vous grâce à notre annuaire des professionnels de santé
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- En l'absence de médecin traitant, un rendez-vous en cabinet ou en centre de santé reste possible pour évoquer un dépistage
Le diabète de type 2 se prévient et se prend en charge d'autant mieux qu'il est détecté tôt.
La révision en cours par la HAS traduit une volonté d'adapter le dépistage à une réalité épidémiologique qui a beaucoup évolué depuis vingt ans, avec un objectif clair : repérer plus tôt les personnes à risque pour limiter l'apparition de complications évitables.
En résumé
- Le dépistage du diabète de type 2 est aujourd'hui ciblé sur les plus de 45 ans avec facteurs de risque, via une glycémie veineuse à jeun
- La HAS a engagé en 2026 la première actualisation de cette recommandation depuis 2003
- La question d'un dépistage avant 45 ans pour les personnes à risque fait partie des points étudiés
- Les nouveaux critères ne sont pas encore publiés : les règles actuelles restent applicables
- Le médecin traitant reste l'interlocuteur de référence pour évaluer un risque individuel