Le dépistage du cancer du col de l'utérus : de quoi parle-t-on ?
Le cancer du col de l'utérus est presque toujours dû à une infection persistante par certains papillomavirus humains (HPV).
Ces virus sont très répandus et se transmettent surtout lors de rapports sexuels.
Dans la grande majorité des cas, l'organisme élimine l'infection de lui-même.
Chez certaines personnes, le virus persiste et peut provoquer, des années plus tard, des lésions du col de l'utérus.
Le dépistage organisé a pour but de repérer ces lésions ou la présence du virus avant l'apparition de symptômes.
Il fait partie des trois programmes nationaux de dépistage des cancers en France, avec ceux du sein et du côlon-rectum.
Il s'adresse aux femmes, ainsi qu'à toute personne disposant d'un col de l'utérus.
Qui est concerné et à quel rythme ?
Le calendrier recommandé en France dépend de l'âge.
Il repose sur deux examens différents.
De 25 à 29 ans : le frottis cervico-utérin
- Un frottis est réalisé pour analyser des cellules prélevées sur le col de l'utérus.
- Après deux frottis normaux réalisés à un an d'intervalle, le suivant est proposé trois ans plus tard.
De 30 à 65 ans : le test HPV
- À partir de 30 ans, l'examen de référence est le test HPV, qui recherche la présence du virus sur un prélèvement du col.
- Si le résultat est négatif, le prochain test est proposé cinq ans plus tard.
- Si le test est positif, une analyse complémentaire des cellules est en général réalisée, puis le professionnel de santé indique la suite du suivi.
Ce calendrier a été défini par la Haute Autorité de santé (HAS) à partir des connaissances scientifiques disponibles.
Le test HPV est plus sensible que le frottis chez les femmes plus âgées, ce qui explique l'intervalle plus long entre deux examens.
Comment fonctionne le programme organisé ?
Depuis 2018, le dépistage du cancer du col de l'utérus est organisé à l'échelle nationale.
Les centres régionaux de coordination des dépistages des cancers (CRCDC) envoient une invitation aux personnes concernées qui n'ont pas réalisé d'examen dans les délais recommandés.
Ce courrier rappelle le rythme du dépistage et les démarches à suivre.
Recevoir une invitation ne signifie pas que quelque chose d'anormal a été détecté.
Il s'agit simplement d'un rappel, envoyé en fonction de l'âge et de l'historique de dépistage connu.
Qui peut réaliser le prélèvement ?
Le prélèvement peut être effectué par plusieurs professionnels de santé :
- un médecin généraliste ;
- un gynécologue ;
- une sage-femme ;
- certains laboratoires de biologie médicale ou centres de santé et de planification familiale, selon les territoires.
Pour trouver un professionnel près de chez vous, vous pouvez consulter l'annuaire de MonSuiviMédical, ou la carte des professionnels de santé si vous souhaitez visualiser l'offre autour de votre domicile.
Vous pouvez aussi commencer par votre médecin généraliste, qui peut réaliser le prélèvement ou vous orienter.
Les sages-femmes peuvent assurer un suivi gynécologique de prévention pour les femmes en bonne santé.
Ce sujet est détaillé dans notre article consacré à l'accès direct aux sages-femmes.
L'auto-prélèvement vaginal : une alternative au prélèvement en cabinet
Pour les personnes qui ne se font pas dépister, ou trop rarement, l'une des difficultés est le prélèvement lui-même : manque de temps, gêne, éloignement géographique ou difficulté à obtenir un rendez-vous.
Pour répondre à cela, un kit d'auto-prélèvement vaginal a été mis en place pour réaliser un test HPV.
Le principe est simple : la personne effectue elle-même le prélèvement avec un écouvillon, selon une notice, puis envoie ou dépose l'échantillon au laboratoire qui l'analyse.
Cette option est réservée à certaines situations, notamment pour les personnes de 30 à 65 ans qui n'ont pas réalisé de dépistage depuis plusieurs années.
Les modalités exactes de délivrance du kit (professionnel de santé, pharmacie, courrier d'invitation) ont évolué ces dernières années et peuvent varier.
Il est donc utile de les vérifier sur le site de l'Assurance Maladie ou auprès de votre centre régional de dépistage.
Cette information est donnée à titre général.
Elle ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé, qui seul peut indiquer quel type de prélèvement correspond à votre situation.
Combien coûte le dépistage et quelle est la prise en charge ?
Dans le cadre du programme de dépistage, l'examen est pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie, sans avance de frais pour la part analyse, lorsqu'il est réalisé selon les recommandations.
Le détail peut varier selon le professionnel consulté et son secteur conventionnel : un dépassement d'honoraires peut s'appliquer sur la consultation elle-même.
Notre article sur les dépassements d'honoraires vous aide à comprendre ces notions.
Il est recommandé de demander à l'avance le tarif de la consultation, notamment si vous consultez un spécialiste en secteur 2.
La vaccination contre les HPV : un complément, pas un remplacement
La vaccination contre les papillomavirus est recommandée en France pour les filles et les garçons, dès 11 ans, avec un rattrapage possible pour les plus âgés selon les recommandations en vigueur.
Une campagne de vaccination est également proposée dans les collèges.
Il est important de savoir que la vaccination ne dispense pas du dépistage.
Le vaccin protège contre les types de HPV les plus souvent impliqués dans les cancers, mais pas contre tous.
Le calendrier de dépistage reste donc le même pour les personnes vaccinées.
Pourquoi le taux de participation reste insuffisant
La couverture du dépistage reste inférieure à l'objectif fixé par les autorités sanitaires.
Plusieurs raisons sont régulièrement citées :
- la méconnaissance du rythme et de l'intérêt du dépistage ;
- la difficulté d'accès à un professionnel, dans les territoires où l'offre médicale est réduite ;
- la gêne ou la crainte liée à l'examen ;
- la baisse du suivi gynécologique après certains événements de vie (fin de la contraception, ménopause).
Les écarts entre territoires sont marqués.
L'accès à un gynécologue ou à une sage-femme est plus difficile dans certaines zones rurales ou dans les territoires touchés par les déserts médicaux.
Les kits d'auto-prélèvement et l'élargissement des professionnels habilités visent à réduire ces écarts.
Comment savoir si vous êtes à jour ?
Plusieurs démarches simples permettent de faire le point :
- Consulter votre dossier : vos comptes rendus d'analyses peuvent figurer dans Mon espace santé, si votre laboratoire ou votre professionnel les y a déposés.
- Vérifier votre courrier : l'invitation du centre régional de dépistage indique la date recommandée.
- Demander à un professionnel de santé : lors d'une consultation, il peut consulter votre historique et vous indiquer l'échéance suivante.
Notre guide sur Mon espace santé explique comment activer et utiliser ce carnet numérique.
Que se passe-t-il en cas de résultat positif ?
Un test HPV positif ne signifie pas que vous avez un cancer.
Il indique qu'un virus à risque est présent.
Selon le contexte, un examen complémentaire est alors proposé, par exemple une analyse des cellules ou une colposcopie, pour vérifier l'état du col de l'utérus.
Dans la plupart des cas, les anomalies détectées à un stade précoce se traitent bien.
Votre professionnel de santé vous explique les étapes et le calendrier de suivi adaptés à votre situation.
Les points essentiels à retenir
- Le dépistage est recommandé de 25 à 65 ans : frottis de 25 à 29 ans, test HPV de 30 à 65 ans.
- Les intervalles sont de 3 ans (frottis, après deux examens normaux) et de 5 ans (test HPV négatif).
- Le prélèvement peut être fait par un médecin, un gynécologue ou une sage-femme.
L'auto-prélèvement existe dans certaines situations. - Le dépistage organisé est pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie.
- La vaccination HPV ne remplace pas le dépistage.
Pour préparer votre prochain rendez-vous, vous pouvez rechercher un professionnel dans l'annuaire et vérifier son secteur conventionnel et ses disponibilités.
Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil médical.
Pour toute question sur votre situation personnelle, rapprochez-vous d'un professionnel de santé.