Forfait hospitalier à 23 € depuis mars 2026 : montant, exonérations et prise en charge

Depuis le 1er mars 2026, le forfait hospitalier passe à 23 € par jour (17 € en psychiatrie). Montant, exonérations, rôle de la mutuelle : le point sur ce reste à charge.

— Spécialiste en journalisme informations santé

Une hospitalisation entraîne des frais que l'Assurance Maladie ne rembourse pas toujours entièrement.
Parmi eux, le forfait hospitalier, aussi appelé forfait journalier, est l'un des plus fréquents.
Son montant a été relevé par un arrêté publié au Journal officiel le 28 février 2026, avec une application depuis le 1er mars 2026.
Voici ce qu'il faut savoir sur ce forfait, qui doit le payer, qui en est dispensé et comment il est pris en charge.

Qu'est-ce que le forfait hospitalier ?

Le forfait hospitalier est une participation financière demandée à toute personne hospitalisée plus de 24 heures dans un établissement de santé (hôpital public, clinique privée) ou dans certains établissements médico-sociaux.
Il correspond aux frais d'hébergement et d'entretien : la chambre, les repas et la vie quotidienne dans l'établissement.
Il est distinct des frais de soins eux-mêmes (actes médicaux, médicaments, examens), qui sont pris en charge selon les règles habituelles de l'Assurance Maladie.

Ce forfait est dû pour chaque jour d'hospitalisation, y compris le jour de l'admission et les week-ends et jours fériés.
Le jour de la sortie n'est en principe pas facturé.
Il s'applique quelle que soit la durée du séjour, dès lors que celui-ci comprend au moins une nuit à l'hôpital.

Quel est le montant en 2026 ?

Depuis le 1er mars 2026, les montants sont les suivants :

  • 23 € par jour pour une hospitalisation dans un établissement de santé (hôpital ou clinique), contre 20 € auparavant ;
  • 17 € par jour pour un séjour dans un service de psychiatrie d'un établissement de santé, contre 15 € auparavant.

La hausse est donc de 3 € par jour pour les séjours classiques et de 2 € par jour en psychiatrie.
Sur une hospitalisation d'une semaine, la différence représente environ 21 € supplémentaires, soit un forfait total de l'ordre de 161 € au lieu de 140 €, selon le nombre de jours facturés.

Un exemple concret

Pour une personne admise un lundi et sortie le vendredi suivant, quatre nuits ont été passées à l'établissement.
Le calcul se fait au nombre de jours facturés selon les règles de l'établissement : avec un forfait à 23 €, la facture d'hébergement peut ainsi atteindre plusieurs dizaines d'euros avant toute autre dépense.
Pour connaître le montant exact, le plus fiable est de consulter le bureau des admissions ou de la facturation de l'établissement.

Qui paie le forfait hospitalier ?

Le forfait hospitalier n'est pas remboursé par l'Assurance Maladie obligatoire.
Il reste donc à la charge du patient, sauf dans les cas où la personne en est exonérée ou lorsqu'elle dispose d'une complémentaire santé qui le couvre.

La plupart des contrats de complémentaire santé (mutuelle, assurance, institution de prévoyance) prennent en charge le forfait hospitalier, souvent sans limitation de durée pour les contrats dits « responsables ».
Les contrats peuvent toutefois varier : il est utile de vérifier dans sa garantie la mention « forfait journalier hospitalier » et les éventuelles limites (nombre de jours en psychiatrie ou en établissement médico-social, par exemple).
En cas de doute, le service client de la complémentaire peut confirmer la prise en charge avant l'admission, ou une prise en charge hospitalière peut être demandée auprès de l'organisme.

Les personnes sans complémentaire santé sont les plus concernées par la hausse : elles règlent l'intégralité du forfait, jour après jour.
Pour elles, il peut être utile de vérifier leur éligibilité à la Complémentaire santé solidaire (C2S), qui supprime ce reste à charge.

Qui est exonéré du forfait hospitalier ?

Certaines situations dispensent du paiement du forfait hospitalier.
Les principales sont les suivantes :

  • les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (C2S), dans les conditions prévues par leur contrat ;
  • les bénéficiaires de l'Aide médicale de l'État (AME) ;
  • les personnes hospitalisées à la suite d'un accident du travail ou pour une maladie professionnelle ;
  • les femmes enceintes hospitalisées pendant les 4 derniers mois de grossesse, pour l'accouchement et jusqu'au 12e jour après celui-ci ;
  • les nouveau-nés hospitalisés dans les 30 premiers jours de leur vie ;
  • les enfants et adolescents handicapés accueillis dans certains établissements médico-éducatifs ;
  • les titulaires d'une pension militaire d'invalidité ou victimes de guerre, pour les soins liés à leur situation ;
  • les donneurs d'organes hospitalisés pour un prélèvement, dans les conditions prévues par la réglementation.

Cette liste peut évoluer et certaines situations dépendent de conditions particulières.
Les informations les plus à jour figurent sur le site de l'Assurance Maladie et sur Service-Public.fr, et le service social de l'établissement peut aussi orienter les patients.

Forfait hospitalier, ticket modérateur, forfait patient urgences : ne pas confondre

Plusieurs participations peuvent coexister lors d'un séjour à l'hôpital, ce qui prête souvent à confusion.

Le ticket modérateur

Il correspond à la part des frais de soins non remboursée par l'Assurance Maladie.
Pour un séjour hospitalier, la prise en charge est en général de 80 % des frais, et peut monter à 100 % dans certains cas : hospitalisation de plus de 30 jours consécutifs, affection de longue durée (ALD) pour les soins en lien avec cette affection, maternité, ou frais élevés au-delà d'un certain seuil d'actes.
Les règles précises se trouvent sur Ameli.

Le forfait patient urgences

Lorsqu'un passage aux urgences n'est pas suivi d'une hospitalisation, un forfait patient urgences peut être appliqué.
Il ne se confond pas avec le forfait hospitalier, qui concerne uniquement les séjours avec nuitée.
Ce forfait est généralement pris en charge par la complémentaire santé.

Les frais de confort

Chambre individuelle, télévision, téléphone, lit d'accompagnant : ces prestations optionnelles sont facturées en supplément.
Elles ne font pas partie du forfait hospitalier et ne sont remboursées que si la complémentaire santé les couvre.
Avant l'admission, mieux vaut demander à l'établissement le tarif de ces options et vérifier ce que son contrat prévoit.

Comment limiter les mauvaises surprises ?

Sans que cela constitue un avis médical, plusieurs démarches pratiques permettent d'anticiper les frais d'une hospitalisation programmée :

  • consulter la garantie hospitalisation de sa complémentaire santé et demander, si besoin, une prise en charge hospitalière avant l'admission ;
  • présenter sa carte Vitale et son attestation de complémentaire lors de l'admission, afin que le tiers payant s'applique et que l'avance de frais soit limitée ;
  • demander au service des admissions un devis ou une estimation du reste à charge, notamment pour les dépassements d'honoraires et les chambres individuelles ;
  • vérifier si l'on peut bénéficier d'une exonération ou de la C2S, selon sa situation personnelle et ses ressources ;
  • conserver les factures et justificatifs, qui peuvent être utiles en cas d'erreur de facturation.

Pour échanger avec votre médecin avant une hospitalisation programmée, vous pouvez retrouver un professionnel dans notre annuaire des médecins généralistes.
Pour repérer les établissements et professionnels proches de chez vous, la carte interactive peut aussi vous aider.

En cas de difficulté pour payer

Si le montant du forfait ou d'autres frais d'hospitalisation pose un problème financier, plusieurs pistes existent.
Le service social de l'hôpital peut accompagner la personne dans ses démarches et l'orienter vers les aides disponibles.
La caisse d'Assurance Maladie peut, dans certains cas, étudier une aide financière via son action sanitaire et sociale.
Enfin, un étalement du paiement peut parfois être négocié avec le trésor public pour les établissements publics, ou avec le service de facturation de la clinique.
En cas de désaccord sur une facture, la voie du dialogue avec l'établissement, puis le recours à la commission des usagers, sont possibles.

Pourquoi ce forfait a-t-il augmenté ?

Le forfait hospitalier est fixé par arrêté ministériel.
Il a longtemps été réévalué à intervalles espacés : 20 € par jour en 2018, puis une stabilité durant plusieurs années avant le relèvement de 2026.
Les pouvoirs publics rappellent que ce forfait participe au financement des coûts d'hébergement hospitalier, tandis que les associations de patients et les acteurs de la complémentaire santé soulignent son effet sur le reste à charge, en particulier pour les personnes qui ne disposent pas de mutuelle.
Cette hausse peut également se répercuter, à terme, sur les cotisations de certaines complémentaires, selon les décisions de chaque organisme.

À retenir

  • Le forfait hospitalier est de 23 € par jour (17 € en psychiatrie) depuis le 1er mars 2026.
  • Il couvre l'hébergement et la restauration, pas les soins.
  • Il n'est pas remboursé par l'Assurance Maladie obligatoire, mais généralement pris en charge par la complémentaire santé.
  • Plusieurs situations ouvrent droit à une exonération : C2S, AME, accident du travail, maternité, nouveau-nés, etc.
  • Avant une hospitalisation programmée, il est recommandé de vérifier ses garanties et de demander une estimation à l'établissement.

Cet article a une visée strictement informative et ne remplace ni les informations officielles de l'Assurance Maladie, ni l'avis de votre complémentaire santé ou de l'établissement concerné.

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Sources et références officielles

Les informations présentées dans cet article proviennent de sources publiques officielles. MonSuiviMédical ne fournit aucun conseil médical.